Verdad'Z Blog

juillet 20, 2009

Bled mikki – Bled Chkoupy !

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Ce gars c’est Hassan Hattab, LE terroriste le plus sanguinaire de sa classe … il se pavane comme un chef à Alger sous la protection des autorités. Il a même été condamné tout récemment « par contumace»  alors qu’il vit protégé par ces mêmes autorités qui l’ont condamné (?!)

Notre pays est définitivement FOUTU à cause de ses responsables gravement irresponsables.

SOURCE:  hchicha.net

juillet 3, 2009

Le nationalisme algérien : origine et perspectives

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Le nationalisme algérien : origine et perspectives

par Lahouari Addi *, Le Quotidien d’Oran, 4 mai 2009

Mahfoud Kaddache est, avec Mohamed Harbi, un des grands historiens du nationalisme algérien auquel il a consacré de nombreux ouvrages qui restent encore aujourd’hui des références incontournables, marqués par une démarche rigoureuse où le fait historique s’explique par le fait historique.

A la différence de Harbi qui relie le fait historique à la sociologie, Kaddache le relie à un fait historique antérieur. Je dirais que l’un cherche à expliquer ce qui s’est passé tandis que l’autre cherche à comprendre le contexte de l’action et le sens que lui donnent les acteurs. Kaddache est durkheimien dans la méthode, et M. Harbi est wébérien dans l’approche. Loin de s’exclure, les deux démarches sont complémentaires et, personnellement, j’ai beaucoup appris en lisant l’un et l’autre des deux historiens qui m’inspirent dans mes travaux sur le nationalisme et le système politique algériens, depuis sa genèse jusqu’à la formation de l’Etat indépendant à travers ses particularités idéologiques et sa relation ambiguë à la modernité. C’est à cette réflexion que je voudrais consacrer ma communication en évoquant l’origine et les perspectives du nationalisme algérien, avec comme toile de fond la modernité politique. C’est là une perspective susceptible de nous aider à comprendre ce qui s’est passé dans l’Algérie postcoloniale, de 1962 à nos jours.

Il est difficile d’accepter l’idée que le nationalisme est une idéologie récente apparue en Occident il y à peu près deux siècles, tant notre représentation du politique et notre expérience sont marquées par la catégorie de nation dont nous ne percevons pas clairement le caractère historique. C’est peut être vrai pour toutes les formes d’organisation sociale qui sont des constructions, mais cela est plus vrai encore pour les catégories politiques dans lesquelles nous avons été socialisés. Pour comprendre le caractère récent du nationalisme, il faut rappeler que l’Etat-nation est une forme politico-administrative centralisée qui ne reconnaît aucune puissance supérieure à elle à l’extérieur et qui exige une allégeance totale de ses membres à l’intérieur. Selon cette définition, ni l’Italie du Moyen Age – pour prendre un exemple européen – ni l’Algérie précoloniale n’étaient des Etats-nations pour la simple raison que les individus et les communautés villageoises et tribales vivaient dans une autonomie assez large par rapport au pouvoir central. Le nationalisme est une idéologie qui sous-tend un cadre de vie collectif – ou qui vise à le bâtir – régi par une autorité centrale qui détient le double monopole de la violence et de l’éducation. Les expériences de construction nationale sont diverses : dans certains cas, une nation déjà virtuellement formée donne naissance au nationalisme ; dans d’autres, le nationalisme vise à construire la nation. L’idéologie nationale est nécessaire à la nation parce qu’elle prédispose les individus à revendiquer l’identité nationale et à obéir à un pouvoir central parlant au nom de la nation. Celle-ci est souvent vécue dans la ferveur et l’extase qui se projettent sur les symboles comme le drapeau et l’hymne national. La nation n’est pas un plébiscite de tous les jours, comme l’avait affirmé Ernest Renan qui avait oublié ce qui se passait dans les colonies. Elle est, au contraire, une adhésion pour toujours, transformée en acte libre et volontaire. L’expansion européenne, en suscitant des résistances �’nationales’ chez les peuples dominés, a propagé le modèle de la nation devenue la forme universelle d’organisation politique.

La facilité avec laquelle le nationalisme s’est implanté partout s’explique par l’ethnocentrisme qui est la caractéristique des groupes humains. Le nationalisme est un ethnocentrisme doté de frontières géographiques protégées par un Etat qui exerce le contrôle sur les groupes sociaux vivant sur son territoire. Cela signifie la soumission des pouvoirs locaux et des solidarités lignagères infra-étatiques, dans un processus de domestication de toutes les formes d’autorité, obligeant celles-ci à prêter allégeance au pouvoir central sous peine d’être réduites à l’obéissance par la force. C’est cela la signification politique du nationalisme qui transforme les rapports d’autorité en imposant une hiérarchie soutenue par une bureaucratie légale-rationnelle. Mais toute cette machinerie suppose un principe de légitimité auquel croient les millions de personnes qui, volontairement, font allégeance à l’autorité centrale. Le processus de concentration du pouvoir au sommet nécessite une participation politique – fictive ou effective – au champ de l’Etat qui fonde la légitimité de l’autorité. La construction nationale en Europe s’est déroulée parallèlement à l’élargissement de la participation politique qui a conduit vers la citoyenneté et les droits civiques y afférant. Le nationalisme est apparu en Europe avec des révolutions qui ont élargi la participation au champ politique à travers des institutions qui garantissent l’exercice des droits civiques. Les Etats post-coloniaux qui ont arraché leurs indépendances sont aujourd’hui aux prises avec la construction d’institutions représentatives des populations. Le but formel de ce processus est la formation d’une autorité au service de la population, usant de catégories et de concepts provenant de la culture politique occidentale comme citoyenneté, souveraineté, peuple, droits civiques, etc. Ce processus se déroule cependant de manière contradictoire et trouve des difficultés à se frayer un chemin en raison de la fossilisation des élites issues du mouvement national qui ont transmis le pouvoir à des fonctionnaires qui ont coupé l’Etat de la population.

Si je prends le cas de l’Algérie – qui est paradigmatique pour la science politique – il est aisé de noter que les aspirations à un Etat de droit ont été mises en échec par la structure même de l’idéologie politique qui refuse obstinément d’institutionnaliser les rapports d’autorité. Pourquoi voudrions-nous que l’armée, qui se pose comme source du pouvoir en raison de son lien avec l’ALN qui a représenté le peuple, donne son accord pour construire des institutions dans lesquelles un juge pourrait convoquer un dirigeant pour abus de biens sociaux alors que ce dirigeant s’identifie au peuple? Le juge est-il au-dessus du peuple ? Certes, ce n’est pas le seul frein, et pour être complet, il faut aussi évoquer la sociologie des groupes sociaux et le poids de la culture politique, et de ce point de vue, les travaux de Mohamed Harbi sont indispensables.

Je vais développer cette thèse en référence à l’expérience de l’Algérie qui a connu, sous la colonisation, un nationalisme vigoureux, composé de trois tendances : les radicaux, les culturalistes et les réformistes. Les orientations de l’Etat postcolonial ont dépendu du rapport de force entre ces trois courants, qui ont évolué après l’indépendance. Les militaires défendent l’héritage des radicaux, une importante proportion de la population a été gagnée par les thèses des culturalistes grâce à l’école, tandis que les réformistes, devenus démocrates, recherchent désespérément, comme par le passé, une base populaire sans laquelle la démocratie est impensable.

Les trois tendances du nationalisme algérien Dès 1830, année du débarquement des forces françaises, l’Algérie connut des soulèvements de tribus qui n’ont pas su cependant se coordonner pour opposer une résistance collective ‘nationale’. Lorsque, en 1847, l’Oranie avait été militairement vaincue après 15 ans de résistance, la Kabylie s’était révoltée en 1852, relayée en 1864 par le sud oranais, suivie par la grande insurrection de 1871 qui a concerné tout le pays, à l’exception du nord-ouest. Mais en 1870, la société rurale algérienne était épuisée par 40 années de guerre et de spoliations des terres, sans compter les épidémies et les famines qui en découlaient. Les historiens rapportent que le dernier soulèvement tribal a eu lieu en 1916 dans les Aurès. Ce qui avait manqué aux insurgés du XIXè siècle, à l’évidence, c’est la conscience nationale qui commencera à prendre forme au début du XXè siècle parmi certaines couches urbaines lettrées qui, grâce à la lecture des journaux, percevaient la domination coloniale dans son contexte historique et géopolitique. Ce n’est pas un hasard si, dès la fin des insurrections tribales, un nouveau discours politique ‘indigène’ est apparu publiquement dans les années 1920. La résistance était rurale et militaire au XIXè siècle; elle sera désormais urbaine et politique au XXè siècle, prenant la forme de trois courants qui ont en commun un discours articulé par les catégories de la culture politique française, certes reformulées pour alimenter l’imaginaire national autochtone. L’élaboration doctrinaire a eu lieu dans les années 1920 au cours desquelles se sont affirmés les trois grands courants du nationalisme algérien, les réformistes, les radicaux et les Oulémas.

 

Les réformistes

 

La première figure du réformisme a été l’Emir Khaled, petit-fils de l’Emir Abdelkader et ancien officier de l’armée française, qui s’était présenté aux élections locales à Alger en 1919. Porte-parole d’une assimilation progressive des ‘indigènes’ dans les institutions, il a joué la carte de la légalité qu’il a cherché à modifier dans le respect de la souveraineté française. Il demandait la fin des lois d’exception et l’égalité entre Français et Indigènes dans le cadre d’une Algérie française où les Musulmans seront citoyens à part entière dans le respect de leur religion. De telles revendications étaient insupportables pour les autorités coloniales qui ont accusé l’Emir Khaled d’être un agitateur islamiste (déjà !) et qui l’ont poussé à s’exiler en Turquie. Une partie de l’élite s’était reconnue dans son combat, relayé, par Benjelloul et Ferhat Abbas qui ont créé la Fédération des Elus Indigènes qui revendiquait aussi l’assimilation dans la nation française dans le respect du statut musulman. Elle réunit l’élite indigène composée de notables, d’élus, des quelques autochtones francophones, tous acquis aux valeurs politiques occidentales tout en étant attachés à leur pays et à l’égalité de ses habitants. Leur principale revendication était l’élection de députés musulmans à l’Assemblée nationale française pour leur permettre de s’adresser directement à l’opinion publique métropolitaine. Ils ont structuré leur programme sur l’idée que les Français d’Algérie trahissent les principes de la révolution de 1789 et empêchent l’application de la devise de la république (liberté, égalité, fraternité) en Algérie. Mais ils sont allés de déception en déception, car dans la métropole, ils n’étaient écoutés ni par les partis de gauche et encore moins par les partis de droite. Confrontés à l’indifférence de l’opinion publique française, ils se sont révélés impuissants face au refus obstiné des colons opposés à toute réforme, si petite soit-elle. Après la Seconde Guerre Mondiale, ils abandonneront la revendication de l’assimilation pour demander une Indépendance dans le cadre d’un traité d’amitié avec la France. En 1944, Ferhat Abbas créera l’organisation Les Amis du Manifeste et de la Liberté (AML) qui s’adresse aux puissances occidentales, notamment aux Américains, pour appuyer le projet d’indépendance. Les événements du 8 Mais 1945, au cours desquels il y a eu des milliers de morts, affaibliront définitivement les réformistes. Les autorités politiques, tant à Paris qu’à Alger, ne les écoutent pas, ce qui les discrédite auprès de la masse des Algériens, désormais acquis aux thèses des radicaux qui prônent la violence révolutionnaire pour mettre fin au système colonial. Ils finiront par rejoindre en 1956 les radicaux qui avaient lancé l’insurrection armée deux années auparavant. Mais même s’ils n’ont pas un ancrage populaire, les réformistes ont eu un impact dans le langage politique ; ils propageront des notions essentielles comme souveraineté nationale, citoyenneté, droits civiques, liberté d’expression, etc.

 

Les radicaux

 

L’organisation des radicaux date des années 1920, créée à Paris, par des travailleurs émigrés qui mettent à profit les libertés publiques en France pour exprimer la revendication de l’indépendance avec une Assemblée nationale souveraine. La figure emblématique de ce mouvement est Messali Hadj qui avait bénéficié de l’appui du parti communiste français et du syndicat ouvrier acquis au principe du droit des peuples à disposer d’eux-mêmes. Il faut remarquer que son parti ne pouvait être créé qu’en France car l’administration en Algérie l’aurait interdit et pourchassé. Les militants de l’ENA ont été socialisés dans le milieu ouvrier français de chez qui ils apprendront la critique marxiste du système colonial, retenant surtout la dénonciation de l’exploitation des peuples colonisés et du pillage de leurs richesses et le principe léniniste – et wilsonien – du droit des peuples des peuples à disposer d’eux-mêmes. Les colons d’Algérie obtiendront la dissolution de l’ENA en 1933, accusée d’alimenter la haine contre la France et d’inciter les Indigènes à refuser la «protection de la France généreuse». Les mots d’ordre politique de l’ENA ne seront pourtant connus en Algérie qu’après le projet Blum-Violette de 1936 qui prévoyait de donner la citoyenneté à 20 000 indigènes fidèles à la France. Les colons se sont violemment opposés à ce projet et l’ont fait échouer. Mais les radicaux aussi étaient contre le projet, à la différence des réformistes et des culturalistes. Messali Hadj rejetait le projet en criant dans les meetings : «Je ne veux pas être Français ; je veux rester Algérien dans une Algérie indépendante». En s’établissant en Algérie, après avoir quitté la France, Messali Hadj et ses partisans feront de moins en moins référence aux catégories du discours marxiste pour évoquer de plus en plus la dimension arabo-musulmane de l’Algérie. Néanmoins, l’idéologie politique du courant radical demeurera marquée par le rejet du capitalisme, accusé d’exploiter les peuples coloniaux, et par l’attachement à la société rurale traditionnelle idéalisée, supposée avoir gardé les valeurs originelles du passé précolonial. Les radicaux de l’ENA, devenue PPA en Algérie, vont élaborer une doctrine qui fera l’apologie du peuple tout en dénigrant les élites acquises aux idées assimilationnistes et réformistes. Ils attireront à eux les travailleurs émigrés, le sous-prolétariat urbain et rural et les paysans sans terre, couches sociales pauvres nées du système colonial et ayant gardé en mémoire les expropriations des terres agricoles au XIXè siècle. Elles portent à l’endroit du système colonial une haine que la répression policière et les lois d’exception dissuadent d’exploser publiquement. L’ENA et les partis qui en sont issus – PPA, MTLD et FLN – puisent leur énergie dans ce potentiel de haine contre la France coloniale, donnant ainsi naissance à la figure mythique du peuple, gardien des valeurs ancestrales de la société. L’exaltation du peuple, considéré comme homogène, a été un élément constitutif du nationalisme algérien tel qu’il a été exprimé par le FLN. Ce populisme fera facilement jonction avec les culturalistes dont l’enseignement l’alimente idéologiquement avec les valeurs culturelles dont le peuple, précisément, serait le gardien.

 

Les culturalistes (les oulémas)

 

Le courant culturaliste est représenté par les ulémas, dont l’organisation, l’AUMA, a été créée en 1929 à Constantine. Dirigée par le Cheikh Abdelhamid Ben Badis, son objectif est la défense en priorité de la langue arabe et de l’islam. A. Ben Badis est un disciple de Mohamed Abdou qu’il admire pour sa lucidité et ses positions politiques originales. Pour M. Abdou, les sociétés musulmanes sont arriérées culturellement et socialement et doivent apprendre de l’Occident pour combler leur retard, même si, provisoirement, elles doivent s’accommoder de la domination coloniale. C’est pour cela que M. Abdou avait condamné le coup d’Etat en Egypte du colonel Orabi Pacha qui cherchait à se débarrasser de la tutelle des Anglais. Dans une lettre qu’il lui adressa, Abdou expliquait que l’indépendance de l’Egypte n’est pas une fin en soi. L’objectif est de rattraper le retard sur l’Occident.

Abdelhamid Ben Badis était influencé par cette position qui l’a conduit à revendiquer la citoyenneté française pour les Algériens afin de bénéficier des droits civiques qui leur permettront de s’épanouir dans leur culture arabo-islamique. Pour lui, l’égalité des Français et des Indigènes sera une occasion pour ces derniers d’apprendre l’arabe, de se réapproprier leur histoire, de pratiquer librement leur religion, tout en progressant sur le plan social et culturel. A. Ben Badis définissait la nation sur des critères culturels, distinguant cependant la nationalité ethnique (janssiya elqawmiya) de la citoyenneté politique (janssiya essiyassia). La première est permanente tandis que la seconde est conjoncturelle. Ben Badis revendique la citoyenneté française (la nationalité politique) pour mieux préserver la nationalité ethnique définie sur le critère culturel. Sa position par rapport à l’indépendance est que celle-ci n’est pas la priorité, indiquant toutefois que l’Algérie sera tôt ou tard indépendante, donnant l’exemple du Canada et de l’Australie devenus indépendants de la Grande Bretagne. Sur le plan politique, les Ulémas n’approuvaient pas la stratégie des radicaux dont ils condamnaient la violence, mais sur le plan idéologique, ils étaient très proches. Ce sont les ulémas qui ont réécrit, sur un ton épique, l’histoire de l’Algérie, qui diffusaient les chants patriotiques et les slogans mobilisateurs dont le plus célèbre est «l’arabe est ma langue, l’islam est ma religion, l’Algérie est ma patrie». Ils donnaient aux jeunes la fierté d’être Algériens et musulmans. Les ulémas libéraient une dynamique de violence nationaliste qu’ils n’assumaient pas, et c’est ce qu’a fait remarquer Messali Hadj à Ben Badis en 1936.

A. Ben Badis est décédé en 1940 et ses disciples, notamment Chekh Bachir El Ibrahimi, sont restés fidèles à sa ligne politique. Après 1945, ils ont multiplié leurs efforts pour ouvrir des écoles libres (médersas) pour enseigner en langue arabe l’histoire, la géographie, les mathématiques, la littérature… sur le modèle de l’école publique interdite à la majorité des enfants Algériens. En 1956, les ulémas ont rejoint le FLN qui avait lancé l’insurrection en 1954.

Les trois courants qui forment le nationalisme algérien se rapprochent et se divisent sur des critères idéologiques et politiques qu’il est utile de souligner pour saisir sa dynamique. Les radicaux et les oulémas partagent la même idéologie mais sont divisés politiquement. Les premiers militent pour l’indépendance, tandis que les seconds considèrent que ce mot d’ordre est prématuré. Pour Ben Badis, le plus important était d’arracher les droits civiques pour préserver la langue arabe et l’islam, fondements de la nation algérienne. Cette position est partagée par les réformistes représentés par Ferhat Abbas qui considère, jusqu’à la Seconde Guerre Mondiale, l’assimilation à la nation française comme la seule perspective historique. En observant de plus près les trois courants, il est facile de constater que les deux tendances opposées idéologiquement sont les radicaux et les réformistes.

Comme les ulémas, les réformistes ont hésité à rejoindre le FLN créé par leurs concurrents. En 1956, s’apercevant que l’insurrection était irréversible, les militants de l’UDMA ont rejoint le FLN. Deux années plus tard, Ferhat Abbas a été désigné comme Président du GPRA pour signifier à la France que le FLN n’est pas un parti extrémiste et qu’il est prêt à négocier l’indépendance sur des conditions acceptables pour les uns et les autres. En 1962, le courant radical, représenté par l’Etat-Major de l’ALN a pris le pouvoir et a mis en pratique sa conception de l’Etat et de la politique. Il a formé un gouvernement composé d’oulémas idéologues, à qui ont été confiés les ‘ministères idéologiques’ (Education nationale et Justice) et les médias, et de technocrates en charge de ministères tels que l’économie, l’infrastructure, etc. L’Etat algérien, créé par l’armé, s’était donné comme objectif de réaliser le projet populiste du courant radical du nationalisme, synthèse d’une vision idéologique fournie par les oulémas et d’un volontarisme économique qui a nié la dimension politique de la société.

En 1963, Ferhat Abbas a été élu président de l’Assemblée nationale chargée de rédiger la constitution. Cependant, il a dû démissionner la même année, les valeurs politique auxquelles il était attaché – la liberté d’expression, la séparation des pouvoirs_ – n’étant pas celles du régime naissant qui a choisi de se construire sur la base du charisme du leader soutenu par – ou issu de – l’armée. Protestant contre l’adoption du projet de la première constitution de l’Algérie indépendante dans une salle de cinéma, Ferhat Abbas écrit dans sa lettre de démission publiée par le journal Le Peuple du 15 août 1963 : «Faire approuver par des militants qui n’ont reçu aucun mandat de cet ordre un texte fondamental relevant des attributions essentielles des députés, c’est créer la confusion et violer la loi». Avec le départ de Ferhat Abbas, le courant attaché à l’Etat de droit est expulsé du champ politique légal et l’Algérie perd une occasion historique de satisfaire les aspirations de la population à la modernité politique. Dominant l’armée, les radicaux ont développé un discours populiste qui affirme de manière péremptoire que le pouvoir appartient au peuple dont les intérêts politiques sont garantis par les militaires à qui le colonel Boumédiène répétait qu’ils étaient des militants en uniforme. En 1971, l’éditorialiste de la revue El Djeich, écrit que «l’ANP frappera les ennemis de la révolution agraire». Mais l’armée n’exercera jamais directement le pouvoir pour la simple raison qu’elle est issue d’un courant idéologique (ENA, PPA, MTLD, FLN) anti-fasciste et anti-militariste. Elle coopte cependant des élites civiles chargées de réaliser le programme du mouvement national, faisant ainsi l’économie d’élections susceptibles de «diviser le peuple et de profiter à la bourgeoisie réactionnaire».

 

Nationalisme et représentations culturelles

 

Le nationalisme algérien était composé de trois tendances politico-idéologiques lourdes, dont une – celle des radicaux – avait un soutien populaire. Pourquoi les radicaux, malgré l’indigence de leur discours idéologique, se sont-ils imposés ? L’explication est à rechercher dans les représentations culturelles et la conception du politique de la majorité des Algériens. Née de la contestation de l’ordre colonial, l’élite nationaliste reflète à bien des égards les transformations culturelles de la société et les limites idéologiques du projet social dont elle est l’expression. Certes, cette élite est diverse, mais celle qui attire les plus grandes masses populaires sera celle qui forgera le langage populiste le plus adapté à l’utopie, celle qui fait croire que la proclamation de l’indépendance est suffisante pour que les richesses soient équitablement réparties. Sans l’enracinement de cette utopie dans les couches les plus larges de la population, le FLN n’aurait jamais pu mobiliser cette population dans le combat anticolonial. Pour comprendre cette situation, il faut procéder à l’analyse des représentations culturelles des groupes sociaux qui ont fourni au FLN sa base populaire et ses troupes de choc.

Le courant radical a gagné en popularité parce qu’il exprimait clairement l’aspiration profonde à l’indépendance de la majorité de la population. Mais au-delà de ce facteur politique, il est aussi l’expression idéologique de la situation historique et culturelle de l’Algérie rurale et urbaine. La colonisation, comme l’attestent les historiens, a eu pour effet d’enfermer la société dans ce que Pierre Bourdieu et Abdlemalek Sayad ont appelé le «traditionalisme de désespoir (1)». Sur le plan économique, culturel et social, la masse des autochtones était dans l’impasse, sans aucune perspective d’avenir ni pour eux ni pour leurs enfants. Cette situation sociologique influera sur la construction idéologique du nationalisme sur la base des représentations culturelles et de vision du monde propres à une société luttant pour sa survie. C’est dans ces représentations qu’il faut chercher la force et les limites de ce nationalisme, produit d’une idéologie politique spontanée, le plus souvent implicite, nourri de la révolte contre l’injustice de l’ordre colonial. Pierre Bourdieu avait mené des enquêtes et des interviews à la fin des années 1950 (quelques années avant l’indépendance) auprès d’Algériens de conditions modestes (chômeurs, travailleurs saisonniers…) dans plusieurs centres urbains (Alger, Oran, Chlef…). Les personnes interviewées expriment leurs positions politiques en termes de bien et de mal, font parfois référence à la justice qu’ils souhaitent et à la domination qu’ils dénoncent ; ils s’en remettent souvent à Dieu qu’ils invoquent pour rétablir l’ordre juste. Dans tous les cas, ils font preuve d’un attachement fort à leur communauté et ils pensent qu’elle sera la meilleure de toutes une fois l’indépendance acquise. Ces interviews, rassemblés dans Travail et Travailleurs en Algérie, paru en 1963, expliquent pourquoi le FLN a gagné en popularité dans son combat contre la France coloniale. Il a été le véhicule de la révolte, mais aussi d’une culture caractérisée par deux éléments qui caractérisent cette idéologie politique spontanée : la psychologisation du politique et le populisme.

 

La psychologisation du politique

 

La psychologisation du politique – donner un visage humain à l’injustice et à la domination – explique les conflits par la mauvaise volonté de certains hommes et par l’absence de sens moral qui pousse à la méchanceté. Pour avoir spolié la terre des fellahs et mis en place un droit répressif (le code de l’indigénat) à l’encontre des autochtones, les Français d’Algérie étaient perçus comme des êtres égoïstes qui cherchent à faire du mal aux autochtones du fait même qu’ils ne partagent pas leur religion. C’est donc la lutte du Bien contre le Mal, et c’est ce qui donne au nationalisme l’énergie qui exalte les milliers de personnes prêtes à mourir pour la communauté. Le nationalisme est un ethnocentrisme qui considère le groupe et ses valeurs comme le plus proche de la Morale et de la Raison. Ceux qui s’opposent à ces valeurs sont considérés comme des êtres maléfiques. Dépouillé de son humanité, l’adversaire incarne le diable qui complote pour empêcher la communauté de vivre librement selon les règles de la justice. Les membres de la communauté ont la conviction d’être victimes d’un complot ourdi contre elles par des forces étrangères. «Cette misère, c’est voulu», déclare à Pierre Bourdieu l’un des enquêtés qui traduit un sentiment largement partagé, selon lequel des forces du mal complotent pour maintenir les Algériens dans la misère et les empêcher d’instruire leurs enfants, les détournant de leur religion pour les affaiblir et les soumettre. La violence s’explique par cette conscience de l’intention maléfique de vouloir faire du mal. Les luttes politiques menées au nom du bien et du mal sont les plus inhumaines : l’adversaire y perd le caractère d’être humain pour être perçu comme un esprit diabolique à détruire, à éradiquer.

Cette thèse du complot conforte la représentation selon laquelle les richesses sont abondantes en Algérie, accaparées par les Français, dont la méchanceté empêcherait une répartition équitable. Dieu aurait créé des ressources suffisantes pour tout le monde, ce qui expliquerait que la misère soit le résultat d’un plan diabolique des forces du mal. La thèse du complot a survécu à l’indépendance et sert aujourd’hui à expliquer la crise que vit le pays depuis 1992. Dans les discussions familiales ou de café (ou sur les forums des sites internet), souvent quelqu’un clôt le débat par un «c’est voulu», emportant l’adhésion. Soit «c’est voulu par la France» qui se serait vengée en infiltrant le nouvel Etat de «traîtres» qui lui sont encore fidèles et qui veulent du mal à l’Algérie (le fameux hizb frança). Soit «c’est voulu par les dirigeants» parce que si le pays se développait, ils perdraient leurs privilèges. Soit «c’est voulu par les grandes puissances» qui craignent qu’une Algérie développée ne concurrence leurs produits en Afrique et ne menace leurs positions dans les instances internationales. Soit encore «c’est voulu par tous ceux qui craignent une renaissance de l’islam», etc. C’est le mécanisme du bouc émissaire qui fournit l’explication de l’échec du projet utopique de construire la société juste et fraternelle.

Le «désenchantement national» qui a suivi de quelques années l’indépendance n’a pas fait disparaître cette conception psychologisante du politique qui demeure encore efficace au regard de la nature des critiques portées à l’endroit des dirigeants. La corruption, bien réelle, est la première à être dénoncée, sans que sa pratique ne soit mise en relation avec l’absence d’autonomie de la justice et de la liberté de la presse. Elle est plutôt expliquée par la cupidité des dirigeants, leur faible conviction religieuse, leur indifférence vis-à-vis de la souffrance des pauvres gens ou encore par le «c’est voulu». Si les conditions de vie difficiles sont dénoncées dans le même langage que celui utilisé jadis contre le colonisateur, c’est que la culture politique de la population n’a pas évolué. Après une cinquantaine d’années d’indépendance, la société algérienne n’a pas fondamentalement changé sur le plan idéologique. Les conditions culturelles qui produisent l’utopie millénariste sont encore là. Le langage politico-religieux qui dénonce la méchanceté du militaire et la corruption du fonctionnaire est l’expression d’un sentiment de trahison de la part de dirigeants «cupides et égoïstes». Les référents culturels de la psychologisation du politique continuent encore de structurer les aspirations et la protestation.

 

Le populisme utopique

 

La psychologisation du politique est confortée par le populisme du FLN qui imprègne fortement le nationalisme. Le mouvement de libération nationale, dans sa lutte pour l’indépendance, a forgé l’image d’un peuple uni, non traversé par des intérêts divergents sur le plan idéologique ou social. Il convient de rappeler que le populisme est une idéologie qui flatte et mythifie le peuple, présenté comme un corps soudé et non comme un ensemble d’individus susceptibles d’avoir des intérêts idéologiques ou matériels divergents. Le populisme du PPA-MTLD et du FLN est une idéologie spontanée émanant d’un imaginaire qui enchante le passé et idéalise les objectifs politiques en leur donnant une dimension utopique. Expression de cet imaginaire, le FLN n’était pas un parti politique au sens classique – et classiste – du terme. Avant d’être éclaboussé et discrédité par les pratiques du pouvoir qu’il couvrait, et dont ses responsables profitaient, il était un mouvement de masse dont l’ambition était de réunir tout le peuple autour de son programme hérité du mouvement national, contenu successivement dans le programme de Tripoli, la Charte d’Alger et la Charte nationale de 1976. Le programme du régime n’est pas autre chose que l’idéologie populiste qui, par le passé, a mobilisé le peuple dans la lutte anti-coloniale, et qui après l’Indépendance, a été récupérée et utilisée pour le maintien au pouvoir. Mais jusqu’à la fin des années soixante-dix, malgré une évolution déclinante, le régime avait une base sociale en raison du programme d’industrialisation qui promettait la modernisation de l’économie et de la société. Il s’est cependant discrédité dans la gestion de l’Etat et a perdu toute légitimité durant les années 1980. Le populisme qu’il a incarné dans le passé n’est pas pour autant mort ; il a été récupéré par le mouvement islamiste qui se pose comme l’héritier du nationalisme anti-colonial. Dès lors que l’utopie ne s’est pas réalisée ou ne s’est réalisée qu’à moitié avec l’indépendance, elle ne meurt pas, elle émigre ailleurs, renaissant sous d’autres formes. De ce point de vue, la société algérienne n’a pas changé et, comme l’a dit l’historien Mohamed Harbi, le FLN est le père du FIS. Déjà en 1963, Pierre Bourdieu notait que «les contradictions que le système colonial avait laissées après lui (…) et qui, aux premiers jours de combat, étaient légitimement voilées, ne pourront être surmontées qu’à condition d’être affrontées en toute lucidité et combattues en pleine lumière (2) ». Cachées par le discours populiste, au lieu d’être affrontées et résolues, ces contradictions allaient éclater dans des formes violentes dans les années 1990. L’échec du régime, par rapport à son objectif proclamé – la modernisation de la société – réside essentiellement dans son incapacité à faire dépasser les conditions sociales et culturelles du populisme et de l’utopie millénariste, principal obstacle à la modernité politique. Tant que l’idéologie populiste demeure ancrée dans la culture politique et tant qu’elle suscite autour d’elle un courant majoritaire dans l’opinion, il sera difficile à la culture démocratique de Ferhat Abbas d’imprégner le paysage politique.

* Professeur de sociologie
Institut d’études Politiques de Lyon

Notes :

1- P. Bourdieu, A. Sayad, Le déracinement, Editions de Minuit, 1964
2- Pierre Bourdieu, Travail et travailleurs en Algérie, Mouton, Paris-La Haye, 1963, p. 389

Totalitarisme, blocages et corruption : l’Algérie au lendemain de la réélection d’Abdelaziz Bouteflika

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Entretien avec Mouhib El Haq, Algeria-Watch, 25 avril 2009

Pour d’évidentes raisons, Mouhib El Haq, cadre supérieur qui vient de quitter définitivement le pays ne tient pas à divulguer son nom. Familier des cercles dirigeants, cet expert de haut-niveau et connaisseur avisé du système politique algérien livre à Algeria-Watch son sentiment sur l’Algérie au lendemain des élections présidentielles. Le tableau est accablant.

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1. Dans son allocution de prestation de serment, le président élu Bouteflika a notamment déclaré qu’il souhaitait mener un combat décidé contre la corruption et qu’il comptait sur la presse pour l’aider dans cette tâche. Que faut-il en penser ?

 

Il s’agit bien évidemment d’un engagement sur la comète qui est proclamé dans un pur souci de communication. Pendant toute la décennie écoulée- les deux mandats précédents – la corruption a été le mode de gestion principal de l’ensemble de la société. Tous les rapports internationaux, tous les classements relèguent l’Algérie parmi les pays les plus corrompus de la planète. L’Algérie officielle, l’Algérie du pouvoir, est dirigée par la corruption et uniquement par la corruption. Les exemples abondent, il ne s’agit que de rappeler la fameuse affaire Khalifa dont le dossier a été expurgé des noms de toutes les personnalités éclaboussées par le scandale. Parmi ces personnalités, on pourra citer l’actuel ministre de la justice, le général Nezzar, et bien sur le ministre Medelci ainsi que le gardien du syndicat UGTA Madjid Sidi Said qui se sont auto-accusés en plein tribunal. Quand une telle parodie de justice permet d’éluder un scandale de cette ampleur, comment peut-on croire que la lutte contre la corruption soit une priorité ? La corruption est omniprésente, dans la gestion des hydrocarbures, dans l’administration des deniers publics, dans la gestion des patrimoines publics fonciers et immobiliers. Au sommet des appareils, les contrats hydrocarbures, notamment les contrats « spot » sont, de longue date, la source de l’enrichissement phénoménal des dirigeants réels du pays, une poignée de généraux et leurs hommes d’affaires. La liste des sociétés-écrans et des « fondations » en Suisse, au Liechtenstein, à Séoul, à Hong-Kong et Rio de Janeiro gérées par des hommes de paille est interminable. Les gestionnaires de fortune genevois de grandes banques, dont certaines sont représentées à Alger, connaissent parfaitement les usages algériens.

Les gigantesques contrats, en lots uniques, d’infrastructures ont permis la collecte de dessous de table tout aussi gigantesques. A ce jeu, les chinois ont démontré qu’ils étaient les « mieux-disant ». Que sont devenus les patrimoines des 1200 entreprises publiques liquidées ? Tout a été distribué entre les clientèles du régime. Cet énorme dossier dont personne ne veut parler n’est qu’un élément parmi d’autres. Dans l’actualité du vol à visage découvert et à titre quasi-anecdotique, on pourra évoquer le budget de 500 milliards de centimes du second festival panafricain géré dans l’opacité la plus complète avec à la clé la possibilité pour les gestionnaires de ce budget de passer des contrats de gré à gré. A cela s’ajoute les intermédiations avec les investisseurs du Golfe dans les grands projets immobiliers et touristiques. Personne ne peut parler en toute transparence du mégaprojet touristique de l’investisseur Emiral qui va pourtant englober tout ce qui reste du Club des Pins et de Moretti selon des procédures complètement inconnues. La liste des gisements et des situations de corruption est interminable. Prétendre lutter contre la corruption devrait d’abord passer par le nettoyage des écuries d’Augias de l’entourage présidentiel, à commencer par le propre frère du président dont la réputation d’homme d’affaires omnipotent est solidement établie, tout comme celle de l’épouse du ministre de l’énergie et des mines. Il est de notoriété publique que les agents des douanes du port d’Alger sont corrompus, qu’à l’exception de quelques gros bonnets liés au DRS, tous les importateurs sont contraints de payer des pots-de-vin. Ce n’est pas la presse qui se risquerait à diffuser des informations consistantes sur cet état de fait. Appeler la presse au secours est une imposture surtout quant on sait que sur 60 quotidiens, au moins 55 sont directement ou indirectement connectés aux milieux d’affaires du régime. Les quelques titres qui se sont approchés de trop près des dossiers « sensibles » ont subi les foudres de l’appareil judiciaire. Pour mettre les journaux au pas, rien de plus efficace qu’un redressement fiscal comme le journal El Khabar vient de se voir infliger à hauteur de dix milliards de centimes.

Les patrons de ces 55 journaux sont à la dévotion du régime, en contrepartie d’une rente publicitaire et de petits privilèges. La majorité des journalistes salariés – souvent surexploités et sous-payés- le savent. Ils savent aussi que concrètement, sur le terrain, ils ne peuvent absolument pas toucher à un sujet sur la corruption sans le feu vert de ces patrons, lesquels auront à en référer à leurs sponsors. De toutes les façons la gangrène de la corruption est telle qu’il n’y a qu’une seule hypothèse d’envisageable lorsque Bouteflika dit vouloir le concours de la presse. C’est de désigner quelques boucs-émissaires, de confier à quelques journaux sélectionnés des dossiers ficelés. Et là, on est dans un subterfuge qui est loin de la liberté d’investigation, et de la presse en général. C’est à cela qu’il faut s’attendre. Quelles seront les victimes ? Nous ne devrions pas tarder à le savoir. Sur le fond, rien ne changera. Et pour que cela commence à changer, il faut que Bouteflika, le premier, s’explique sur les considérables acquisitions immobilières qu’il a réalisées en 2007, évoquées très laconiquement dans sa déclaration de fortune. Il faudrait que des gens surgis du néant comme Bouguerra Soltani – ministre – s’expliquent sur l’origine de sa fortune en milliards, dans le commerce et l’immobilier. Ou que le voile soit levé sur les liens réels ou supposés entre Ahmed Ouyahia et le transporteur Takhout (large bénéficiaire de colossaux prêts publics) soient levés.

S’attaquer à la corruption reviendrait tout simplement pour ce régime à scier la branche sur laquelle il est assis. En accordant le bénéfice du doute à Bouteflika III, il faudrait que lui-même donne l’exemple en informant le public sur la réalité de sa fortune actuelle, en Algérie et à l’étranger surtout. Les algériens savent que les responsables du régime se refusent à la moindre déclaration sur l’état de leurs biens et de leurs capitaux. Le discours anticorruption n’a aucune chance de se traduire en actions concrètes et ne peut en aucun cas rencontrer la moindre audience chez une population contrainte à vivre d’expédients et qui sait ce que valent les promesses des dirigeants.

2. Le taux de participation annoncé aux élections présidentielles est de plus de 75% et les suffrages favorables à Bouteflika comptent pour plus de 90%. Que veulent dire ces chiffres visiblement très exagérés ?

Rien, sinon la grossièreté du procédé. Ce régime ne fonctionne que pour et par lui-même et il se refuse depuis toujours à accepter le vrai verdict des urnes. Les constatations et les informations recoupées par des journalistes et des membres d’organisations autonomes ont confirmé que la réalité de la participation ne pouvait en aucun cas dépasser les trente pour cent. Et que le candidat Bouteflika n’a pas réuni 50% des suffrages sur son nom ; ce qui aurait normalement impliqué un deuxième tour. Une telle hypothèse est un véritable sacrilège pour les tenants de ce système. En dépit du caractère très symbolique de leur participation à cette construction, les cinq « lièvres » qui se sont prêtés à ce jeu de dupes n’ont pas bénéficié de la moindre aménité et n’ont pas été épargnés par le rouleau-compresseur totalitaire. En particulier Louisa Hanoune . Celle qui a tissé des liens avec Abdelaziz Bouteflika, qui passe des heures au téléphone avec lui, escomptait un meilleur traitement « électoral » et crie aujourd’hui au scandale. L’anecdote authentique, connue de tous à Alger, est celle où le directeur de campagne de la candidate Hanoune, Djelloul Djoudi, en allant voter à Mohammedia, s’est rendu compte qu’on avait déjà voté à sa place.

Les techniques habituelles de bourrage d’urnes et de queues préfabriquées devant certains bureaux de vote ont été poussées au-delà de toutes les limites que s’autorise généralement le système. Pour situer la place dans les appareils de Louisa Hanoune, il faut simplement se référer à ses déclarations insultantes sur les associations de disparus et son rôle spécial lors de la réunion de Sant’Egidio en 1995. Lors d’un meeting de campagne dans une salle Harcha à moitié vide, la militante de gauche a stigmatisé les mères de disparus provoquant les huées de ces dernières et leur expulsion manu-militari du meeting. Elle a également déclaré à cette occasion, qu’à Sant’Egidio elle avait « contribué à empêcher un complot contre l’Algérie »… On comprend pourquoi la passionaria trotskyste n’a plus qu’une audience résiduelle…

3. On a beaucoup évoqué les circonstances de la précampagne électorale comme de la campagne elle-même. Que pouvez nous dire sur ce thème ?

Toutes les lois du pays ont été bafouées. Durant la collecte des signatures pour la candidature du candidat-président, des notaires ont été installés dans la majorité des ministères pour superviser le recueil des signatures et leur authentification. Les fonctionnaires se succédaient dans les bureaux occupés par les officiers ministériels et bien peu ont refusé de signer de crainte de perdre leurs postes. La même procédure a été utilisée au niveau de l’UGTA de Sidi-Said et des autres organisations satellites du pouvoir. Pendant que se déroulait cette opération aussi incongrue qu’inédite, le président-candidat sillonnait le pays en multipliant les décisions : annulation sine die de la dette des agriculteurs, augmentation prochaine du salaire minimum et un plan quinquennal d’investissements de 150 milliards de dollars. Aucun des cinq « lièvres » n’a émis la moindre protestation devant ce détournement de la fonction de président au profit du candidat Bouteflika. D’ailleurs quel algérien a accordé la moindre crédibilité à des troisièmes couteaux destinés à faire de la figuration ? Naturellement, dans la meilleure tradition nord-coréenne, les journaux télévisés de la télévision nationale étaient construits sur les déplacements de son excellence-candidate. L’écrasante majorité des médias indépendants ou privés ont accompagné cette confusion des genres sans aucune vergogne.

La continuité, c’est celle de l’enseignement universitaire au rabais, les enceintes universitaires sinistrées où les passe-droits et la violence supplantent la transmission du savoir et la recherche. Ce n’est pas la bonne volonté des jeunes étudiants qui manque, mais c’est le système totalement inadapté, sans moyens face à une surcharge en effectifs qui rend inopérants les efforts des enseignants. Ceux-ci subissent une gestion au jour le jour confiée à des individus dont la seule compétence est l’obéissance à la tutelle et aux hommes liges du pouvoir. Ouyahia, Rahmani, Khellil, Khediri pour ne citer que ceux-là, envoient leurs enfants en Grande-Bretagne, Suisse, France et aux USA. Ce qui vaut pour l’enseignement vaut pour la médecine dispensée au rabais en Algérie et sur prise en charge à l’étranger pour les Belaid Abdeslem, Abdelkader Hajar , Mohamed Lamari, dont le soutien à Bouteflika s’explique exclusivement par la préservation de leurs intérêts matériels et de leurs privilèges.

4. Comment s’annonce ce troisième mandat ?

Dans la continuité, comme le proclame si bien le discours officiel. C’est à dire dans la poursuite de la gestion de la société par la corruption, par la répression sous toutes ses formes, par le transfert aux islamistes de la Salafia « ilmiya », – les salafistes « éclairés » c’est-à-dire les islamistes archaïsants apolitiques – de l’encadrement social, au plan du statut des personnes et de leur mode de vie, et bien sûr, par la poursuite de la prédation et de l’appropriation du pays par ces nouveaux colons. Il va de soi que l’exil des Algériens va se poursuivre, sous toutes ses formes, mais aussi la contestation par l’émeute. Ce troisième mandat va accentuer la perception déjà forte de la négation de la citoyenneté et conforter l’idée que le changement, hélas, ne peut venir que par la violence face à un régime qui ne connaît et n’approuve que ce type de langage. La probabilité d’un rassemblement des forces et individualités de l’opposition me paraît faible, pour ne pas dire nulle compte-tenu du contrôle policier et du verrouillage hermétique de toutes les possibilités d’organisation ou d’expression. Nous nous dirigeons vers des années difficiles, indépendamment de la crise économique mondiale dont les effets risquent fort d’aggraver la situation interne. Avec ce régime, l’Algérie démontre qu’elle est le pays de tous les blocages.

5. Qui dirige réellement le pays ?general toufik et bouteflika

Les absences fréquentes de Bouteflika en 2008 ont exacerbé le sentiment de vide, d’Etat réduit aux appareils policiers. Bouteflika a passé une bonne partie de l’année dernière dans des allers-retours pour ses soins, et ceux de sa mère, en Suisse. Un avion avec équipage réquisitionné est mis à sa disposition en permanence à l’aéroport militaire de Boufarik pour ses fréquents déplacements. Il est connu que le rythme de travail du locataire à vie d’El Mouradia est réduit à sa plus simple expression. Cela se répercute sur le fonctionnement de toutes les institutions et cela va s’aggraver avec la suppression du bicéphalisme de l’exécutif. On imagine qu’il va mettre en place un gouvernement parallèle siégeant à El Mouradia.

Pour le moment, les ministères tournent au ralenti; les administrations centrales sont aux abonnés absents car meublées par le système de la cooptation et du népotisme. Quand vous voyez le ministre des travaux publics Amar Ghoul sur tous les grands chantiers presque chaque jour, on ne peut en déduire qu’il n’a aucun encadrement sur lequel il puisse compter. Au sommet, Bouteflika a, par les textes, concentré tous les pouvoirs entre ses mains, résultat: la machine étatique est inopérante, somnolente, sans aucun dynamisme.

La réalité du pouvoir, le contrôle territorial et institutionnel, est entre les mains du DRS, plus que jamais. Sans cette super police politique d’ailleurs, Bouteflika n’est absolument rien. Le Chef de l’Etat n’a pas le pouvoir de nommer son propre directeur de cabinet…Un deal entre le chef du DRS, Mohamed Mediène, et Bouteflika fonctionne depuis la présidentielle de 2004 quand le DRS a cogéré les urnes pour Bouteflika et humilié non seulement Benflis, son adversaire, mais aussi l’ex-chef d’état major Mohamed Lamari qui était opposé à la reconduction de Bouteflika. Depuis lors, le DRS a les pleins pouvoirs. Jamais il n’a été aussi libre et puissant. En contre partie, Bouteflika a la liberté de se soigner à l’étranger régulièrement, d’aller et de venir sans que l’on décrète son incapacité à diriger le pays pour raison de santé (à la manière de Benali pour Bourguiba), en plus de la haute main sur certains grands marchés, et quelques relais du type de Ould Abbès Djamel, homme à tout faire au service absolu du clan familial Bouteflika, ou de Chakib Khellil et Temmar, tant qu’ils n’empiètent pas sur le domaine de la sécurité. On a vu ce qui pouvait arriver lorsque l’un transgresse cette ligne, avec l’affaire BRC(*) que dirigeait Ould Kaddour, qui malgré de grands services rendus au DRS s’est retrouvé en prison. L’affaire, on s’en souvient a été escamotée par la dissolution précipitée de BRC pour éviter que n’éclate un scandale sans doute plus dommageable pour le système que celui du groupe Khalifa. Donc, il y a un partage des rôles et prérogatives entre le président en exercice et le patron du DRS, avec une prééminence de fait du dernier qui a barre sur les principaux ministres du clan Bouteflika, tels que Khellil et Temmar, dont les accointances avec certains milieux étrangers sont un secret de polichinelle. Les relations de Bouteflika avec des ministres et cadres supérieurs qui sont nommés pour leur majorité par les services sont équivoques.

Ainsi par exemple, le ministre de l’Intérieur, Zerhouni, dans une posture ambivalente, à cheval entre le DRS (dont il est issu) et Bouteflika. D’un point de vue régionaliste, il est indéniablement favorable au clan Bouteflika; mais dans de grands dossiers il a eu des positions inattendues. Il s’est opposé à la mouture ultralibérale de la loi sur les hydrocarbures, et, il s’est récemment opposé, en vain, à l’attribution de deux tronçons de l’autoroute Est-Ouest aux chinois.
Le maillage du territoire s’appuie sur des bureaux du DRS déployés dans chaque daïra (sous-préfecture) dirigés chacun par un officier, avec des relais civils locaux recrutés parmi les hommes d’affaires apparus durant la décennie 90 et qui doivent tout au DRS. Il y a au moins deux agents de cette police politique par commune et près de 3 000 à l’échelle du pays… Au sommet, il y a des hommes comme El Hadi Khediri (ex-patron de la police et ex ministre de l’intérieur) qui avait déjà été un des acteurs principaux des sanglants évènements du 5 octobre1988 et qui depuis n’a cessé de travailler pour le DRS, en manipulant entre autre Ali Benflis durant les présidentielles de 2004. En 2009, sur instruction de Toufik, il prêtera allégeance à Bouteflika. Il y a également la nouvelle génération représentée par des personnages comme Amar Khelifa, Arslane Chikhaoui ou Liess Boukraa, qui essayent de noyauter les milieux intellectuels et universitaires. Ce sont ces profils que l’on présente aux chercheurs étrangers comme le réservoir intellectuel du système. Ce monde interlope navigue dans toutes les sphères d’activité publiques, les salons et les chancelleries.

6. Et les clans et autres réseaux ?

 

Les clientèles prospèrent à l’ombre du DRS. La grande inconnue de l’heure est l’héritage « politique » du plus puissant d’entre eux, Larbi Belkheir, dont l’état de santé se dégrade. Le maître à penser et grand organisateur du système, celui qui a géré le tableau d’avancement de l’armée et des services depuis plus de vingt ans, qui a placé tous les dirigeants effectifs dans leurs positions actuelles, est très diminué physiquement. S’il disparaît, qui récupérera ses réseaux ? Qui jouera le rôle d’interface avec les éminences étrangères qui ont soutenu le régime aux moments les plus critiques ?Le général de corps d’armée, Mohamed Lamine Médiène alias « Tewfik », l’omnipotent chef du département renseignement et sécurité( DRS) depuis 1990, est bien sûr le mieux placé, mais a-t-il les qualités d’intriguant international de son mentor ?

Pour le reste, il n’y a plus d’homme fort à la tête des institutions, il n’y a que des exécutants aux ordres. De tous les « janviéristes » seul Tewfik demeure. Les généraux Betchine, Nezzar, Benmaalem, Kamel Abderahmane et autres sont à la tête d’affaires multiples et juteuses. Nezzar à la tête de la société de télécommunications nationale SLC, Betchine est toujours dans la faïence et la presse (l’Authentique et El Acil), Kamel Abderrahmane dans l’import… Ils ont leur part du gâteau, comme les filières de Saïd Bouteflika. Il arrive que les intérêts des uns et des autres s’entrechoquent et que le DRS serve de médiateur, et, quand cela ne fonctionne pas, le plus faible passe à la trappe. L’industriel Rebrab a recyclé dans son groupe des anciens du DRS et ses affaires n’ont jamais été aussi florissantes. Abdelawahab Rahim patron en titre du groupe Arcofina n’a pas la main aussi heureuse que Rebrab, malgré ses liens d’affaires très forts avec un intime de Bouteflika. Mais aucun de ses réseaux d’affaires n’a de prise sur la vie politique, entièrement contrôlée par les réseaux du DRS.

7. Ce que vous décrivez est un état policier, l’Algérie en 2009 est un Etat totalitaire ?

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En 1997, il y avait environ 30 000 policiers, d’ici fin 2009 ils seront 200 000. Les effectifs de la gendarmerie ont également fortement augmenté. Ils doivent être supérieurs à 100 000 aujourd’hui. Il existe un double maillage du territoire: policier et des services de renseignement du DRS. Les services de renseignements surveillent, manipulent et contrôlent 99% des associations et partis politiques. Le 1% représente quelques syndicats autonomes, la LADDH (Ligue algérienne de défense des droits de l’homme) et le FFS (Front des forces socialistes), seuls îlots de résistance, qui éprouvent les pires difficultés à évoluer dans cette immense prison à ciel ouvert. Le poids de l’Etat policier et du système de la corruption a annihilé les ressorts sociaux. Les repères et normes juridiques classiques ayant été pervertis, la société écrasée par les années rouges, s’est retrouvée contrainte de faire avec et de développer des stratégies de survie pour faire face à cette perversion. La marginalisation de pans entiers de la jeunesse débouche régulièrement sur des émeutes réprimées dans la violence. Cette aliénation par la peur et par l’argent a infecté toutes les catégories sociales ; elle a rendu quasi impossible toute action politique. Et quelle action politique à partir du moment où DRS et ministère de l’intérieur ne conçoivent de parti politique que s’ils ont présidé à sa création, dans leurs laboratoires et cellules d’analyses. Quand la situation leur échappe – rarement – ils peuvent aller jusqu’à déstabiliser toute une région comme ils le font actuellement à Ghardaïa depuis que le FFS en particulier (le trouble RCD également mais dans une moindre mesure) y est représenté et socialement relayé. Bismarck disait que la Prusse n’a pas d’armée, mais qu’une armée possède la Prusse. En Algérie, c’est un appareil policier qui possède le pays.

8. Alors quelles perspectives ?

Il n’y a pas de perspective qui donne envie de se lever le matin pour aller travailler, au moins pour ceux qui ont du travail. Quand on importe de la main d’œuvre sous des prétextes pseudo-économiques (chinoise et autres) comment voulez-vous que les jeunes diplômés puissent espérer en un avenir meilleur ? Le rêve d’un nombre incalculable d’Algériens est de mettre les voiles au sens propre et figuré. Il n’y a pas de projet rassembleur, de règles communes qui permettent de tendre vers la réalisation d’un authentique projet national. L’injustice règne. La souffrance morale affecte la nation.

Presque personne n’y échappe : celui qui travaille, le chômeur, le détenu, le riche, le pauvre et même les hauts cadres de l’Etat qui passent leur temps à se lamenter. Quel espoir quand le pays est entre les mains d’une sorte de secte de parvenus, incultes et violents, qui vit depuis 15 ans dans des espaces clos (Club des Pins, Moretti, Sidi Fredj) ou qui bouclent tout un quartier par mesure de sécurité. Ces gens ne sont même pas des coopérants techniques, à peine des agents d’exécution. La population n’en n’a pas forcément conscience, mais elle ressent vivement le mépris, la condescendance des représentants de ce système qu’incarne le tandem Bouteflika-Médiène. Dans de telles conditions, les jeunes qui débordent d’énergie continueront à traverser la Méditerranée avec des moyens de fortune ; ils seront contraints de verser aussi dans la délinquance et la consommation de la drogue qui fait des ravages ou bien ils basculeront dans la violence. Pas nécessairement celle de « l’AQMI » (Al-Qaida au Maghreb islamique), aussi nébuleuse que le GSPC, et qui sert surtout à justifier le maintien de l’état d’urgence depuis 1992 pour perpétuer le contrôle sur la société et disposer des richesses du pays sans le moindre contrôle.

*Brown & Root Condor, une joint-venture, créé en 1994, entre Sonatrach (51 %) et l’américaine Kellogg Brown & Root (49 %, filiale « engineering » de Halliburton) dans laquelle était fortement impliqué le haut commandement du DRS, ce qui lui avait permis de décrocher de nombreux contrats publics. En 2006, Bouteflika décide de liquider cette société pour malversations. Or derrière cette affaire qui n’a jamais été élucidée se cacherait une tentative d’espionnage américaine (avec la complicité de Médiène ?). Voir Que cache le dossier Brown & Root Condor ? Par Madjid Laribi, Le Maghrébin, 9 octobre 2006 et voir aussi Madjid Laribi, « Brown & Root-Condor : une holding “militaro-énergétique” », Le Maghrébin, 13 novembre 2006

Entretien avec Salah-Eddine Sidhoum, militant des droits de l’homme en Algérie

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Pour notre dossier consacré aux intellectuels algériens, nous invitons le Dr Salah-Eddine Sidhoum afin d’en débattre et de faire le point sur la situation. Le Dr Sidhoum est chirurgien et défenseur des droits de l’homme en Algérie; vous pouvez bien sur poser vos questions et faire vos commentaires en bas de cette même page. Nous remercions infiniment notre invité pour sa disponibilité et invitons nos lecteurs à garder les interventions à la hauteur d’un débat que nous souhaitons constructif et serein.

1. Que signifie pour vous le mot » intellectuel» , et plus particulièrement comment définiriez-vous l’intellectuel algérien d’aujourd’hui ? 

Avant tout, je ne vais pas m’aventurer dans des considérations philosophiques pédantes, incompréhensibles au commun de nos honorables lecteurs ni m’étaler sur des définitions alambiquées.
A mon humble avis, l’intellectuel n’est pas seulement un producteur d’idées, c’est aussi celui qui lutte sur le terrain pour les mettre en pratique et les faire aboutir. Un intellectuel est une personnalité engagée, indépendante à la fois des idéologies et du pouvoir. C’est un défenseur acharné de la dignité humaine et des libertés. C’est un tout. Ce n’est pas ce bardé de diplômes, imbu de sa personne, hautain, donneur de leçons du haut de son piédestal, méprisant envers son peuple et se mettant à plat-ventre et de manière déconcertante devant l’ignorance au pouvoir, comme nous le voyons hélas, dans notre pays. Ce n’est pas le cas de tout le monde certes, mais c’est le cas malheureusement d’une grande partie de nos « alphabètes ».

Deux définitions de l’intellectuel me viennent à l’esprit et que je fais miennes.
L’une est de l’homme politique italien, Leonardo Sciascia qui disait que « l’idée que je me fais du monde intellectuel est si large que celui-ci inclut toute personne en mesure de penser, d’avoir une intelligence de la réalité (….) et que la preuve administrée quotidiennement en est que beaucoup d’auteurs de livres ou d’articles ne sont pas le moins du monde capables de lire la réalité, de la comprendre, de la juger ».

L’autre est d’André Malraux : « un intellectuel n’est pas seulement celui à qui les livres sont nécessaires mais tout homme dont une idée, si élémentaire soit-elle, engage et ordonne la vie ».

Et le monde a connu des intellectuels qui ont défendu les principes de liberté, de justice et de démocratie. Je pense à Zola, dans l’affaire Dreyfus. Je pense également aux signataires du Manifeste des 121 durant la guerre de libération, à Mandela, à Vaclav Havel, Kundera, Geremek et tant d’autres. Ils ont défendu El Mebda (le principe), quand d’autres chez nous, sont fiers et heureux de défendre El Khobza (privilèges).
Notre civilisation a connu également des intellectuels de la trempe d’Ibn Khaldoun, Ibn Rochd, Ibn Sina dont l’autonomie de la pensée n’a pu être corrompue ni apprivoisée par les tenants du pouvoir et de l’avoir.

2-On observe un désengagement de la part des intellectuels algériens vis à vis de la situation en Algérie. Quelles sont, à votre avis, les raisons qui expliquent ce marasme qui frappe nos élites ?

A quelle période de notre histoire contemporaine, nos intellectuels se sont-ils engagés dans le combat politique pour pouvoir parler aujourd’hui de désengagement ? Et je crois que ce problème remonte à très longtemps. Déjà en 54, la révolution libératrice a démarré sans eux. Certains prendront le train en marche à partir de 56. Quant à la poignée d’intellectuels dignes, certains mourront les armes à la main (Amara Rachid, Benzerdjeb, Farès Yahia, Lotfi, Aït Idir, etc). D’autres enfin seront égorgés par leurs propres frères, suite aux sanglantes purges de la « bleuïte » particulièrement dans les wilayas 3 et 4.

Quant à la majorité, elle préférera suivre la guerre de loin. C’est cette majorité, postée au carrefour des vents, qui se mettra avec zèle, au lendemain de l’indépendance, au service de l’imposture au pouvoir. Nous les retrouveront, à la veille de l’indépendance à Tripoli, mettant leur science (sans conscience) au service des comploteurs des frontières, rédigeant la tristement célèbre Charte de Tripoli qui mettait fin à l’Idéal de Novembre. Nous les apercevrons également, durant l’été 62, papillonnant autour du « groupe de Tlemcen », auteur du coup d’Etat contre le GPRA. Tout comme nous les retrouverons lors du complément de Coup d’Etat de juin 65, puis à l’ère du socialisme « triomphant », de la « charte nationale », du libéralisme débridé des années 80. Ils sont toujours là à tourner et à retourner leurs vestes et à jouer aux « chaouchs » de service.

Nous connaissons tous, l’attitude honteuse d’une certaine « élite » au cours et après le Coup d’État de janvier 92 et comment elle a été abjectement utilisée par un quarteron de putschistes qui allaient plonger l’Algérie dans une mer de sang et de larmes, pour sauver leurs privilèges. Des « élites » autoproclamées « démocrates » qui s’opposeront à la volonté populaire exprimée à travers les urnes et qui venait de légitimer les trois Fronts pour diriger le pays. Des « élites » qui avaient brillé, outre par leur démocratie sélective, mais plus grave encore par leur indignation sélective quand des dizaines de milliers d’Algériens étaient torturés, exécutés sommairement ou arbitrairement condamnés par une justice d’exception. Une grande partie de l’opinion publique internationale s’en est émue, alors qu’une partie de notre « élite » applaudissait. C’est triste et ignoble !

Chez certains de nos intellectuels, le dénigrement, l’avanie et l’injure remplacent l’argument et l’idée. Et pour reprendre un ami universitaire « faute de produire, ils citent et récitent ce qu’ont dit d’autres, de préférence d’Outre-Méditerranée ».

Nous n’avons pas de classe intellectuelle au sens noble du terme. Il existe d’admirables et courageuses individualités intellectuelles, mais cela ne suffit pas. Nous ne devons pas cependant, tout rejeter sur ce système. Nos tares y sont pour beaucoup. La boulitique du régime ayant fait le reste. Il ne s’agit pas d’un marasme comme vous le dites, qui frappe nos élites. C’est beaucoup plus grave. Il s’agit d’une trahison historique et je pèse mes mots.
L’Algérie est certes, malade de son régime politique mais elle est surtout malade de ses élites.

3- Pour justifier l’absence de réactivité des intellectuels algériens, il est souvent évoqué le poids de la censure et des pressions exercées par le pouvoir. Pourtant, cela n’a pas empêché des gens comme vous de continuer à lutter. Ne pensez-vous pas qu’il s’agit, in fine, d’un alibi pour fuir leurs responsabilités ?

Absolument. On n’a pas besoin d’un cadre officiel ou d’une autorisation de son oppresseur pour lutter et se libérer de l’oppression. Vaclav Havel et ses compagnons de la Charte 77 n’avaient pas besoin d’une autorisation du régime totalitaire tchécoslovaque en place dans les années 70, pour mener le combat pour les droits de l’Homme et les libertés démocratiques et affronter par l’idée et l’écrit le « grand camarade » soviétique. Il en est de même des intellectuels Polonais. Ces intellectuels n’ont pas eu peur de perdre leur khobza et d’aller en prison pour leurs idées et leurs idéaux. Et nous savons comment Havel a pu avec ses compagnons, mener sa révolution de velours et assurer de manière pacifique la transition d’un régime totalitaire à un régime démocratique. C’est l’exemple type de l’intellectuel politisé et engagé qui est la hantise des dictatures.

Nous répétons toujours que notre liberté nous la devons aux sacrifices de notre peuple et au million et demi de martyrs. Et nous n’attendrons pas l’autorisation d’ex-sous-chefs de la police politique pour nous exprimer et nous organiser afin de reconstruire notre Algérie détruite par des imposteurs érigés en tuteurs d’un peuple. Cette Algérie appartient à toutes les Algériennes et à tous les Algériens. Et ni la répression, ni la prison, ni même les balles assassines n’arrêteront les fils et petits fils d’Abane, Ben Boulaïd, Ben M’hidi et Didouche, dans leur combat pour le parachèvement de l’œuvre du 1er novembre 54 et l’instauration de l’Etat de Droit dans une Algérie de toutes et de tous.

4- Vos actions – l’appel du 19 mars pour un changement démocratique en Algérie entre autres- trouvent-elles sur le terrain de l’écho auprès des intellectuels algériens, que ceux-ci soient établis en Algérie ou l’étranger ?

Mais bien sûr. De nombreux véritables intellectuels, de tous bords, arabophones et francophones d’ici et de notre chère diaspora ont adhéré dès les premiers jours à cet Appel fédérateur où se sont reconnus tous les patriotes, de par les principes démocratiques et les valeurs civilisationnelles qu’il véhicule. Nos compatriotes sont impatients de participer à cette œuvre de salut public. Nous l’avons constaté à travers les débats sur l’organe d’information de l’Appel (Le Quotidien d’Algérie), le courrier que nous recevons, les contacts directs que nous avons avec nos compatriotes sur le terrain et les réunions et conférences que nous tenons. Mais comme nous leur disons, il ne faut pas brûler les étapes. Il faut aller lentement mais sûrement et dans la transparence la plus totale et surtout pas d’aventurisme. Bien sûr, et il faut avoir l’honnêteté de le dire, cet Appel au peuple n’a pas plu aux intellectuels de salon et d’officines – ces hautains donneurs de leçons – et aux politicards sans ancrage qui ont peur de l’instauration de la véritable démocratie et de l’Etat de droit. Ils n’ont comme armes que la critique stérile, l’intrigue et les gesticulations politiciennes. Non seulement ils ne produisent rien (en dehors des hurlements et de la gesticulation) mais ils essaient d’empêcher les autres de produire et d’agir.

5- Quelle est votre analyse justement sur la situation de l’opposition en Algérie aujourd’hui ?

A mon humble avis, il n’y a pas de véritable opposition. Tous les partis qui avaient un ancrage populaire ont été neutralisés. Le seul parti autonome et qui reste encore debout est le FFS et ce, malgré les campagnes de déstabilisation dont il fait l’objet depuis plus d’une décennie. Mais une hirondelle ne fait pas le printemps. Tout le reste n’est que folklore politique. Un ramassis de troubadours et de marionnettes politiques qu’on sort à l’occasion de carnavals électoraux pour amuser la galerie et garnir cette vitrine pseudo-démocratique dont a besoin le régime, pour essayer de leurrer (vainement) l’opinion publique internationale.
Je crois qu’à l’état actuel, la véritable opposition est à construire (ou à reconstruire).

6- Dans vos écrits, vous faites souvent appel au rassemblement. Cependant, certains vous reprochent d’encourager le dialogue avec les islamistes, et pas qu’avec les modérés. Qu’avez-vous à leur répondre ?

Nous disons toujours que devant cette grave crise politique qui perdure depuis 62 et qui réside dans la problématique de la LÉGITIMITÉ DU POUVOIR, ni un zaïm, ni un messie, ni un parti, ni un courant politique à lui seul ne peut résoudre ce problème si complexe. Si nous voulons constituer une véritable force politique qui pourra secouer ce régime et aboutir au véritable changement, il faut rassembler toutes les volontés intellectuelles et politiques, sans exclusion aucune. Il ne peut y avoir de solution efficiente en dehors du rassemblement de toutes les forces politiques réelles. Non seulement, nous avons encouragé le dialogue sans exclusion, mais nous avons, durant près de quatre années, avant la diffusion de l’Appel, dialogué avec des intellectuels et des politiques de tous bords, sans exclusion aucune. De quel droit et au nom de quelle « démocratie » devons-nous exclure des pans politiques qui ont un ancrage populaire ?

La véritable démocratie appelle au dialogue avec toutes les forces politiques réelles et représentatives. Au nom de quelle « démocratie », une minorité atteinte de schizophrénie politique, voudrait s’ériger en majorité et s’arroger le droit de distribuer des brevets de « démocratie » à qui elle veut et d’exclure qui elle veut ?
« Il n’y a de politique qui vaille en dehors des réalités » disait un Homme d’État. Voulons-nous construire l’Algérie de demain sur la base des réalités ou voulons-nous nous inscrire dans la stratégie du régime illégitime et continuer à construire sur du virtuel avec des pantins politiques, des partis préfabriqués et des institutions factices ? La question reste posée !

7- Mustapha Farouk Ksentini, président de la Commission Consultative pour la Promotion et la Protection des Droits de l’Homme a fait dernièrement cette déclaration pour le moins audacieuse « L’Algérie est une démocratie à ciel ouvert, l’Algérie est devenue un véritable État démocratique ». En tant que défenseur des droits de l’homme, comment avez-vous reçu cette déclaration ?

J’aurais voulu répondre à une autre question ayant trait à l’avenir du pays, à l’État de Droit à construire demain, après la libération de l’Algérie de cette « voyoucratie« , plutôt que de commenter les inepties nauséeuses de ce fonctionnaire d’El Mouradia.

Contrairement à ce qu’il dit « l’Algérie est une prison à ciel ouvert, l’Algérie est devenue une véritable république bananière », n’en déplaise aux larbins au service de l’ignorance au pouvoir.

8 – Que pensez-vous du troisième mandat de Bouteflika et du projet politique de son frère Saïd qui projette la création de son propre parti ?

Nous ne nous sommes jamais inscrits dans la stratégie du régime illégitime pour nous intéresser aujourd’hui à sa fuite en avant et à ses gesticulations politiciennes. Nous avons dit il y a quelques mois, lors du carnaval électoral, qu’il s’agissait d’un non-événement. Et effectivement, ce fut un non-événement comme l’a attesté l’abstention massive de la population à ce scrutin à la Kim Il Sung et à la Saddam. Et ce n’est pas la fraude et l’hypertrophie des chiffres dignes de Neagelen, qui tromperont l’opinion nationale et internationale.

Vous parlez d’un 3e mandat, mais en réalité c’est le même et unique mandat d’un système qui perdure depuis 62. Il y a seulement une alternance clanique au gré des rapports de force au sein des gangs du système. Le problème n’est pas celui de tel ou tel individu, c’est celui d’un système politique dégénéré qu’il faudra impérativement changer de manière radicale et pacifique.

Il est clair et pour reprendre le langage populaire, qu’une grande majorité de la population est dans un oued et le pouvoir et sa base sociale sont dans un autre oued. Et nous avons l’honneur et la fierté d’être dans l’oued de notre peuple, comme nous l’avons toujours été durant les moments difficiles.

Hélas, l’absence d’une réelle opposition et face à ce vide politique sidéral, le régime se retrouve seul à mener le bal sur la place. Il fait ce qu’il veut, sans pudeur, ni retenue aucunes. Et malgré qu’il soit dans sa phase descendante, terminale, il perdurera tant qu’il n’a pas en face de lui une véritable opposition représentative des forces politiques réelles et porteuse d’une alternative démocratique crédible.

9- Un mot pour conclure ?

Je tiens avant tout à vous remercier pour votre aimable invitation et à saluer mes compatriotes, lecteurs de votre site, avec lesquels, nous souhaitons enclencher un débat fraternel et serein sur l’avenir de notre pays.

Je pense à mon humble avis que le régime et ses clientèles sont pris à leur propre piège, enfermés eux aussi dans cette impasse dans laquelle ils ont poussé le pays et la société. Le pouvoir, en réalité ne maîtrise plus rien, en dehors de ses services répressifs et ce, malgré les apparences fortement trompeuses. Il se lance dans une fuite en avant extrêmement dangereuse qui peut mener le pays vers ce que nous avons appelé un tsunami populaire et qui risque, à Dieu Ne Plaise, d’emporter le pays.

Face à ce régime, il y a un vide politique sidéral, en l’absence d’une véritable opposition et qu’il faut impérativement combler.
Il existe cependant au sein de la société, un consensus manifeste sur la nécessité d’un changement radical et pacifique du système politique.
Il est de notre devoir, en tant qu’intellectuels et politiques, de présenter à notre peuple une alternative démocratique réaliste et crédible à ce régime dégénéré et moribond.

Le verrouillage politique et la répression, aussi sauvage soit-elle ne doivent pas servir d’alibi ni constituer des obstacles devant la volonté de changement des Hommes Libres.

Notre initiative sincère de rassemblement des volontés intellectuelles et politiques sans exclusion ni exclusive devient une nécessité impérieuse pour créer cette dynamique populaire de changement et redonner espoir à notre peuple el Mahgour.

Nous devons ensemble poser les vrais problèmes et nous défaire des faux clivages. Cette œuvre de salut public n’est pas facile, après tant de drames, de heurs et de malheurs. Mais elle n’est pas impossible. Nos parents en 54 étaient dans la même situation et ont pu déclencher le processus libérateur.

Nous devons impérativement sortir des palabres de chapelles et de clans pour nous investir dans un large dialogue avec la société et réfléchir avec elle sur son avenir et son devenir. Tout comme nous devons sortir de la stratégie diabolique et destructrice du régime et imposer la nôtre, pacifique et constructive.

Œuvrons ensemble sur la base de valeurs et de principes démocratiques et dans le cadre d’un compromis politique historique à rassembler les Algériennes et les Algériens, sans exclusion et sans exclusive (et nous insistons sur cela) dans un Front du Changement National (Djabhat Etaghyir El Watani) pour libérer le pays de ce régime illégitime et construire un État de Droit dans une Algérie de toutes et de tous.

Fraternelles et respectueuses salutations à toutes et à tous.

Dr Salah-Eddine Sidhoum

Entretien réalisé par Fayçal Anseur pour Algerie-Focus.com

Que reste-il des illusions candides et des espoirs des faux « optimistes » ? (Parties 2 et 3)

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Par Rachid Ziani

2e partie : L’alchimie des cooptations bâtardes

Avant de passer en revue, en troisième partie de cet article, les principales « catégories » des forces qui faisaient, du moins dans leur déclarations, du devoir de changement leur leitmotivs, adeptes de la composition avec le système en place, il est important de relever un fait remarquable, à savoir le point de rencontre, une sorte d’intérêt partagé, entre d’une part un système qui fait de son maintien, un sacro-saint, et dont la seule constante de pratique politique, comme l’a si bien relevé Me Abdennour Ali-Yahia, est constituée par sa maîtrise de la fraude électorale, et d’autre part, aussi bien cette myriade d’entités fantoches qui a choisi de s’intégrer à ce système et de composer avec, et ceux qui avaient d’autres motifs, inavoués pour la plupart, mais dévoilés avec le temps.

1) Concernant le pouvoir, il est un secret pour personne son opposition, plus, sa haine viscérale vis-à-vis de toute tendance ou mouvement de changement effectif, opérant en dehors de ses rouages, et partant de là, il est aisé de comprendre l’étendue et la force de feu, de fer et d’intrigue utilisée par ce système pour avorter ces mouvements (1), qui sont les seuls à même d’exprimer réellement la voix du peuple. Une conviction dont s’est fait le système une raison, depuis les élections de décembre 1991, et pour laquelle ce système ne cesse de « jurer » et proclamer ne jamais plus tolérer pareils événements, évidemment, en usant pour se justifier, les euphémismes en vogue pour faire avaler la pilule, du genre « lutte contre le terrorisme », « l’obscurantisme », « l’islamisme radical », et tout y passe, instrumentalisant en passant la lutte contre le terrorisme internationale menée par l’administration US.

2) Quant aux « forces » ayant accepté de faire partie du harem, elle sont arrivées de leur côté à cette quasi certitude, qu’il était plus que certain l’impossibilité de glaner des strapontins dans l’enceinte des seigneurs, par le biais d’une consécration populaire, vu l’absence totale de la confiance du peuple en ces partis de sous-traitance, raison pour laquelle ils décidèrent finalement d’opter et de défendre griffes et ongles, pour le maintien du système et des modalités fixées par ce même système, de partage des dividendes contre services rendus, sous les prétextes les plus farfelus, qui n’arrivent même pas à convaincre leurs propres auteurs.

Ainsi on comprend, et on resitue dans leur contexte, les attaques haineuses de ces adeptes de la participation éclairée, contre tout projet ou mouvement de changement quel que soit la couleur politique, sociale ou culturelle de ses adeptes, l’ennemi à leurs yeux étant ce changement là, qui mettra fin à l’hégémonie en place, pourvoyeuse et protectrice de leurs strapontins.

De même qu’il faut convenir que cette jonction entre ces deux « coalisés » n’a pu se réaliser sans la dextérité et le génie de tourmente du système, aidé en cela par la disponibilité borgne et cupide de ses coalisés appendiculaires, dans la fomentation de discordes et dans l’art de manipulation de schismes au sein des forces vives du peuple algérien.

Il est utile de rappeler dans ce cadre là comment ce système a coopté des franges marginales dans les partis jugés « récalcitrant », car refusant de siéger au sein du harem du système, selon son ordre préétabli, d’autant plus qu’ils jouissent d’une forte implantation populaire, et représentent une alternative crédible et réalisable. On garde tous en mémoire les manipulations et les manigances d’implosion fomentées par les cercles occultes du système, et comment ils se sont surpassés pour façonner un paysage « multiple » et sous contrôle, par le biais de leurs commis implantés, ou « retournés », ne lésinant sur aucun moyen, et dont l’objectif principal était d’éliminer les forces réelles du changement au sein même de ces partis.

Cette réalité de l’époque reste immortalisée par les différentes phases par lesquelles est passé le plot de dislocation du FIS, les images de la série télévisée à sensation, avec comme vedettes, le fameux passage du clan feu Fequih, Merani et Sahnouni (2), suivit juste après le congrès de la Fidélité de Batna (3), du non moins fameux épisode du tour de force entre d’une part feu Guechi (à la tête des dissidents du FIS, coopté par le pouvoir, et dont les communiqués comme par enchantement ont trouvé leur chemin sur les écrans, aux heures de grande écoute de notre TV) et d’autre part Hachani rahimahou Allah, consacré par les congressistes de la fidélité, persécuté par les services du système, jusqu’à son assassinat par procuration.

Les choses ne s’arrêtant pas à ce niveau, puisque relayées par l’œuvre d’intrigue titanesque de le DRS, qui s’est accaparé d’un AIS pour le moins naïf, pour ne pas dire plus, l’incorporant dans un deal dit « tacite » (4) dans le but de saborder les pourparlers qui étaient en cours entre le Président Zeroual et les leaders du FIS à la prison de Blida, et ainsi avorter toute solution globale à la crise, dénaturant sa véritable nature, l’amputant de sa dimension politique, la confinant dans un espace sécuritaire sans plus, ce qui s’est soldé par la fameuse trêve de 1997, tant clamée et claironnée par l’AIS, et dont le malheureux contenu s’est ensuite dévoilé tout au long de la charte de réconciliation (5), mettant à nu la supercherie longtemps entretenue des deux parts. D’ailleurs il faut reconnaître que les généraux en charge avaient à maintes reprises nié avoir eu de dialogue avec l’AIS, qu’ils considéraient comme un vulgaire ramassis d’assassins « repentis » qui ne pouvaient s’attendre à plus qu’une amnistie partielle, sans plus (6).

Puis, est advenu, il n’y a pas longtemps, la « récupération » du concilié de Bonn, Rabah Kébir, qui s’est pris au goût d’un pragmatisme soudain, et s’est converti à cette caste éclairée du changement de l’intérieur, cautionnant en passant les différents pouvoirs en place, depuis 1997, date de la trêve, et allant jusqu’à déclarer « la mort du FIS », une manière pour lui d’exprimer sa disponibilité, et recevoir les grâces des décideurs, un genre de contre partie qu’il pensait, allait lui permettre une certaine marge de manœuvre politique, mais qui en fin de compte s’est soldé lamentablement par un désenchantement de plus, moyennant tout au plus, une permission de circulation entre Bonn et Alger, seul dividende permis.

Le FFS, non plus, bien qu’à un degré moindre, n’a pas échappé à cette stratégie d’implosion/récupération, tentée par le système. On se rappelle à cet égard la fameuse fausse lutte de « légitimité », et de la duplicité deux ex machina, d’un FFS2 venu, bousculer le FFS tout court.

De même qu’il faut relever que suivant la même logique occulte, le pouvoir a opéré sa propre toilette, laminant toute tendance, ou même personnalité, quel que soit son rang ou la légitimité dont elle se prévaut, qui en son sein aurait osé penser autrement, ou proposé un changement « jugé non grata » aux yeux des seigneurs sans visages.

La réponse/sentence du système se faisant implacable et sans appel, s’exécutant tout d’abord par une phase préliminaire, jetant le discrédit sur la partie ou personne concernée, une manière de déblayer le terrain pour la phase suivante, à savoir l’exclusion des rangs et la mise en quarantaine sur une liste noire, pour crime de haute trahison, celui d’avoir pensé, ou exprimé, un point de vue trop dangereux à leur goût, car à même de mettre en péril l’équilibre instable d’influence, établit depuis 1962, celui qui a permis à ce pouvoir, à ce jour, par le biais d’une convention occulte, non écrite, une sorte de Magna Carta de la militarchie de chez nous, qui permet à cette voyoucratie de pérenniser son pouvoir sur la base d’un consensus, qu’ils sont les seuls à connaître l’équation de son alchimie.

L’impardonnable « forfait » de ces « honnis » du sérail serait d’avoir osé exprimé, chacun à sa manière, que ce système a fait son temps, et qu’il n’est plus à même de gérer. C’est le cas entre autres de ceux là même qui on composé et porté le tablier « civil » de la junte d’après le putsch de janvier 1992, tel que Sid Ahmed Ghozali, ou des protégés, qu’on pensait il y peu de temps avant « intouchables », tel que Mouloud Hamrouche et autre Taleb Ibrahimi. Ils ont été évincés sans état d’âme, et ont été même interdits de constituer un cadre politique véhiculant leur opinion, ceci constituant d’une part un « avertissement » de l’implacable punition dont est capable ce pouvoir à l’égard de ceux qui se mettent en outsider, et d’autre part afin de ne pas faire d’ombre à l’homme providence, l’élu des faiseurs de rois.

3e partie : Il ne suffit pas d’avoir de bonnes intentions

Passons brièvement en revue dans cette dernière partie, les forces qui prétendaient faire du devoir de changement leurs croisades.

Il y a d’abord ceux qui, sous prétexte de changement, ne cherchaient en fait que leur part du gâteau, sachant que cela n’est possible que dans le cadre de la compromission, d’autant qu’ils sont conscients de la place, ou plutôt du dédain, qui leur est dévolue par le peuple. En sorte, un genre de parasites de la politique, qui n’ont jamais pu tromper la vigilance du peuple, ce qui explique d’ailleurs leur quête de « légitimité » auprès du système. Ces appendices sont exclus de la désillusion, titre de notre article, tout au contraire ils ne vivent que grâce à cette désillusion.

Il y a ceux qui ont agi « par vengeance » à l’encontre du peuple qui les a déclassés lors de la première et seule élection transparente que connut le pays à ce jour, alors qu’ils se proclamaient fallacieusement et pompeusement représenter la première force dans le pays. Ils se sont vus humiliés et réduits à leur véritable dimension, et les chiffres de leur déconfiture, encore présents sur les listes du journal officiel, restent à ce jour en travers de leur gorge. Ils se sont surpassés dans leur soutien inconditionnel au pouvoir en place, dans le but de s’attirer les agréments du pouvoir et ainsi pénétrer ses rangs. Ils se sont au fil du temps radicalisés dans leur soutien au système, à tel point qu’ils sont devenus plus réfractaires au véritable changement que le système lui-même, tantôt justifiant le putsch, tantôt le cautionnant et bénissant ses auteurs, considérant d’ailleurs, de la bouche même de leur feu numéro un, que les blindés des putschistes « ont été sortis de leurs casernes dans les rues pour sauver le pays et la démocratie et les libertés » ! Et à la question concernant le prix lourd et la facture morbide de cette sauvegarde au prix des milliers d’innocents conduits vers les camps de concentration, des exécutions sommaires, des tortures et des milliers de disparitions et autres détentions arbitraires : « No comment », dans la plus clémente de leurs réponses, quand ce n’est pas catégoriquement : « Le prix nécessaire et justifié à payer pour que vive l’Algérie » ! Ainsi est née chez ces adeptes du changement, une nouvelle catégorie de liberté, et l’avènement d’une démocratie « New age », une première en la matière.

Les auteurs de cette conception, ne s’arrêtent pas en si bon chemin, puisque ils ne se privent pas, à chaque fois que l’occasion leur est présentée, de maudire ceux qui osaient aspirer au véritable changement, les traitant de tous les noms, allant jusqu’à les criminaliser, et justifier leur mise à mort. Il suffit de revoir les déclarations des chefs successifs de Hamas, puis Hims, entre autres, pour ainsi éviter d’être accusé de vindicte.

Toujours sans se lasser de prétendre être mus par une conduite pragmatique et un réalisme constructif dans leurs efforts pour le changement, ils se sont pris au goût des salons feutrés du système qu’ils accusaient il n’y a pas longtemps de tous les vices, et se sont empiffrés des avantages que leur a « lesté » ce système « corrompu » il n’y a pas longtemps’. Le comble étant qu’aveuglés par une boulimie démesurée, ils ne cessent, toute honte bue, de clamer haut et fort, du haut du pupitre mis à leur disposition, que l’Algérie ne s’est jamais portée aussi bien (le bien de qui ?), se vantant de l’apport inestimable qu’ils ont prodigué pour la concrétisation de ce changement qui les honore, sans oublier de louer l’homme providence, l’élu des faiseurs de roi, Son Altesse Sérénissime Bouteflika.

Il faut avouer enfin, que même si une partie du peuple voyait en Hims, puisque c’est d’eux qu’il s’agit principalement, avant cet événement, une alternative de changement probable, maintenant que s’est dévoilé sa véritable face, sa nature cupide, à la recherche des avantages mesquins, tout comme, sinon pire, ceux qui ni foi ni loi, l’ont précédé aux festins des seigneurs, personne ne « boit » plus leur slogan creux et puritain qui n’arrive à tromper personne. Pire, il constitue aux yeux de la majorité du peuple, le symbole même de la manipulation de la crédulité des âmes simples qui ont cru dans les mots, et se sont heurtés à la vérité crue et cruelle des actes de ceux qui, pour garder le cap de cette politique réaliste et des avantages et dividendes qui vont avec, se sont vus contraints d’opérer leur propre « toilette », se délestant des voix qui, en leur sein, ont fini par en avoir ras le bol, exprimant leur désaccord face à cette compromission et bénédiction inconditionnelle du système.

Il est devenu quasi impossible de reconnaître le Hamas « originel » tant ses leaders ont excellé dans l’art de légitimer toutes les politiques du système. En finalité, il a perdu la prétention qu’il se donnait, et perdu en même temps son quota et son aura au sein du pouvoir, au point où ce système n’éprouve plus la nécessité de le conserver comme quand il était aux abois au lendemain du putsch de 1992.

Ainsi face à cette déconfiture, on assiste de plus en plus à des dissensions en son sein. De plus en plus des cadres prennent leur distance des leaders. Au vu de la politique imposée par le parti, ces cadres ont réalisé finalement combien il était naïf de leur part de croire en la possibilité de changer dans la cooptation, c’est-à-dire de l’intérieur du système. Déchantés, ils se sont réveillés, avec une sorte de gueule de bois, sur la grande supercherie menant à la compromission assassine. Il faut relever que Hims n’est pas le premier ni le dernier des « victimes retournés » du système qui excelle en la matière. Il y a eu avant le parti Nahda de Djaballah, devenu Islah et qui ne finit pas de se sous diviser, également le cas du RCD, à l’image de l’une de ses figures de proue, en l’occurrence Khalida Toumi, relookée en une pure et dure des produits manufacturés du système. Et comme précédemment souligné, le FLN n’a pas échappé à sa propre toilette, pour écarter toute velléité d’ambition effective de changement, et qui pourrait oublier la façon avec laquelle Abdelhamid Mehri a été évincé de son poste de secrétaire général du parti, et comment on lui a fait amèrement regretter d’avoir osé le changement en dehors du code d’omerta du système (7). Ainsi ces voix discordantes ont fait les frais de cette prise de conscience tardive, la hiérarchie ne tolérant pas pareille insoumission, s’est faite le devoir d’éliminer tous ceux qui ont osé lui rappeler ses objectifs et engagement « originels » considérés désormais désuets.

Il y a ceux qui sont passés d’un extrémisme révolutionnaire, voire anarchiste, dans leur opposition au pouvoir en place, à l’image de la pure et dure trotskyste de chez nous, et qui, pour rappel, n’a pu bénéficier de la gratitude du peuple, malgré son rôle marginal, que grâce à son franc-parler d’antan, qui était assimilé malencontreusement à l’époque par la frange du peuple qui lui accordait confiance, comme synonyme d’intégrité, de probité et de libre penser, celle qui s’est enivrée des délices que procure le sérail, jouissances d’autant plus exacerbées au fil des trois à quatre mandats d’après le putsch. Ell est passée vers un autre extrémisme, cette fois ci, à l’encontre de ceux qui prônent la nécessite du vrai changement, au point de la confondre avec les dinosaures du pouvoir en place, dans leur hantise vis-à-vis de ce changement.

Il y a enfin les forces qui bien que sachant que le changement ne peut s’opérer qu’en dehors de ce système, ont choisi quand-même jouer le jeu, se faisant inviter, par le biais de la voix du peuple, à siéger au parlement, dans le but de faire entendre leur voix contestatrice, vu que tous les autres moyens d’expression sont sous scellé. N’est-il pas venu le moment pour eux de se rendre enfin de l’irréalisabilité de l’œuvre ? N’est-il pas venu le temps pour eux de se rendre à l’évidence que leurs participations, successives, n’aura en fait servi que ce pouvoir, à lui prodiguer une certaine façade de pluripartisme, et de semblant de démocratie ? Sans eux, comme seule force d’opposition réelle et conséquente siégeant au parlement, la véritable nature de ce pouvoir monochrome se serait dévoilée il y a bien longtemps, non pas aux yeux du peuple, qui ne s’est jamais trompé sur son compte, mais à l’égard de la communauté internationale qui constitue, par son silence, sinon sa complicité multiforme et inconditionnelle, la France précisément, le principal soutien de cette junte au pouvoir. Quant aux pique-assiettes des pseudo partis satellites, de ceux-là personne n’est dupe.

Tout cela pour dire que parmi ceux qui ont cru, à un moment ou un autre, en cette possibilité du changement de l’intérieur du sérail, soit ont été déçus et se sont éclipsés sans faire trop de bruit, soit sont rentrés dans l’ordre et la logique du système : marche ou crève.

Il ne subsiste désormais le moindre soupçon de doute sur la réalité de ce pouvoir, dont la raison d’être n’est autre que son maintien, quel que soit le prix, non pas à payer, mais plutôt à faire payer au « indigents », pour paraphraser un des généraux janvieristes qui est allé jusqu’à déclarer « être prêt à sacrifier le tiers de la population pour préserver le pays », dans son sens bien connu, et par là comprendre la détermination criminelle de ce système à maintenir le monopole de la réalité du pouvoir sans la moindre retenue, à l’image du dernier simulacre du 9 avril 2009 pour préserver sa devanture civilisée, par un ras de marais plébiscite à faire rougir les plus moribonds parmi les chefs d’Etats arabes du genre Moubarak, Zine-Alabidine et autres aberrations de l’histoire contemporaine.

Il ne fait plus aucun doute que si changement il y a, il ne devrait, et ne pourrait, s’opérer qu’à l’extérieur du système, et sans ce système, autour d’une plateforme de principes généraux, autour desquels se rassemblent tous ceux épris de justice, de dignité et d’amour pour ce pays et ce peuple, ceux qui souffrent de le voir confisqué par cette cabale qui nargue et défie les millions de citoyens. Il est plus que grand temps de traduire les mots, les appels, les vœux, les volontés en actes, autour d’une charte minimum, garantissant les libertés fondamentales de tout un chacun sans exclusion ou apriorité, tous égaux devant le destin du pays.

Certes la tâche n’est pas aisée, elle nécessitera inévitablement son lot de sacrifices (8). Ne soyons pas naïfs, le système usera de tout ce dont il dispose pour avorter pareil changement pacifique qui le mettrait à nu et lui ôterait tout prétexte de « légitimer » l’usage de la répression, pour le maintien de l’ordre. Certes, il se surpassera par le biais de ses différents relais et autres porte-voix, pour « gonfler » les différences et contradictions supposées entre les courants au sein de l’alternative, comme il l’a déjà fait depuis 1962, ce qui lui a permis d’ailleurs de créer, et d’entretenir, des luttes imaginaires, factices fratricides, et de minimiser l’impact de ces forces, tantôt jouant l’indifférence, feignant les ignorer, tantôt les stigmatisant et les accusant de collaboration et d’intelligence avec l’extérieur et autres accusations has been.

Il ne se privera certainement pas de semer la zizanie, en essayant de couper les uns des autres, soit en tissant des relations, contacts, avec certains d’entre-eux, soit en « véhiculant » des prétendues informations concernant des présumés contacts entrepris par des hommes du système avec certaines personnalités ou courants au sein de l’alternative. De toutes les façons, dans l’état de déroute et de totale déconfiture, il essaiera effectivement de composer avec qui il peut pour sauver ses meubles, seulement gare à celui qui malgré les bonnes intentions, tombera dans ses énièmes subterfuges.

Basta !, comme dirait notre peuple désabusé, opprimé, désapproprié de ses biens et de ses choix. Il est temps de lever le voile, tout haut, et ôter la feuille de figue qui cache la réalité de ce pouvoir. Nous ne sommes plus en droit de lui permettre de se barioler de tous ces artefacts qui gravitent dans son giron, et de se donner la dimension qu’il n’a pas. C’est une nécessité, c’est un devoir et une responsabilité pour toutes les forces effectives et sincères du changement réel de se démarquer sans la moindre équivoque des milieux de tourmente et d’intrigues que constituent le sérail, en optant pour une coalition nationale pour le changement tant attendu, autour d’un programme national minimum, par l’institution d’une assemblée constituante, ou autour de toute autre forme de rassemblement qui baliserait la voix vers la naissance de la deuxième république. Ne sommes-nous pas en droit d’y croire, puisque les forces nécessaires sont présentes, elles sont majoritaires, la volonté existe et se renforce de plus en plus, les moyens aussi. Osons le pari ! Et que la marche commence. Pardon, elle est déjà en cours, rejoignons là.

Notes :

(1) On garde en mémoire les efforts gigantesques déployés par le système, au lendemain des résultats des législatives, pour saborder toute coalition ou autre coordination entre les trois fronts consacrés par ces élections, de même l’hystérie dont il a été frappé avant et après le Contrat de Rome qui a prouvé que les Algériens, pour le salut de leur pays et de leur peuple, étaient capables de dépasser leurs différences et intérêts partisans, comment cette initiative prometteuse, qui aurait pu mette fin au bains de sang a été torpillée, et comment elle mettait en porte à faux toutes les allégations entretenues du système quant à l’impossibilité d’union entre les différentes mouvances et leur capacité à se mettre d’accord sur une plateforme de salut, comment ce pouvoir a déployé sa machine de guerre multiforme, menant sa guerre sale dans le but, d’une part de discréditer les parties présentes, sous les prétextes les plus scabreux, et ses tentatives de les saborder, sous milles et uns moyens, tant avoués qu’inavoués, dont une partie les massacres.

(2) Sous la houlette « off record » des maîtres d’œuvre Kerrar, Si Kaddour, dissidents du FIS, et Ghozali, pressenti comme chef de gouvernement, avant l’éviction de Hamrouch.

(3) Ce congrès a permis l’épuration des rangs du FIS avec un Conseil national représentatif et élu à la base, et la consécration de la direction emprisonnée et de cheikh Mohamed Saïd rahimahou Allah, assassiné par les groupes islamiques de l’armée, sous la direction du criminel Jamel Zitouni.

(4) Rien d’autre qu’une capitulation pure et simple dont les auteurs mêmes, après un silence, n’osent plus démentir cette réalité.

(5) Cette charte consacre d’une part le rôle « sauveur » des généraux putschistes et blanchit leur coup de janvier tout en instituant et légiférant l’impunité en faveur des différents corps et milices armées par la junte responsable de plus de 200000 morts, de plus de 20000 disparus, et de milliers de prisonniers politiques, de l’institutionnalisation de la torture, et d’autre part en criminalisant toute opposition, qu’elle soit armée, politique ou sociale.

(6) Revoir les différentes déclarations, aussi bien du pouvoir « civil » par le biais du chef du gouvernement Ouyahia, de son ministre de l’intérieur Zerhouni, ou des généraux du ministère de la défense.

(7) Le fameux et triste coup d’Etat scientifique et son maître d’œuvre Hadjar.

(8) Ce serait de toutes les manières en deçà de celui payé par les Algériens au quotidien et en silence, sans que ce pouvoir criminel n’en soit perturbé, et encore moins menacé.

Ziani Rachid
02 juillet 2009
Signataire de l’Appel du 19 mars 2009

Que reste-t-il des illusions candides et des espoirs des faux « optimistes » ?

Filed under: Uncategorized — verdadz @ 2:09

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Par Rachid Ziani 

1ere partie : Une seule constante, un seul objectif, j’y suis, j’y reste : autopsie du maintien au pouvoir.

S’il y a une constante, qui, par définition même, fait l’unanimité parmi les diverses composantes et tendances du peuple, c’est que la situation en Algérie est au plus mal, une crise multidimensionnelle que tout le monde décrie, secret de polichinelle me dira-t-on. Là n’est pas la question. S’agit-il d’une situation récente ? Loin s’en faut. Le marasme est aussi vieux que l’est le système en place depuis le recouvrement formel de l’indépendance du pays, une indépendance qui déjà tronquée de la souveraineté effective, s’est vue à ses toutes premières heures confisquée par les maquisards de la 13ème heure.

En fait cette déliquescence qui ronge la pays n’est rien d’autre que la conséquence logique d’une obstination démentielle d’un système décidé à ne pas lâcher prise quoi qu’il en coûte, soit en usant de son savoir-faire primaire, et préférentiel , en l’occurrence la répression pour mater tout mouvement ou ébauche de mouvement de contestation, qu’il soit de revendication sociale, économique, culturelle ou politique, ou alors, se sentant sous la menace et la pression de l’ère du temps et des demandes pressantes de « démocratie », opère à chaque brise de contestation, un semblant de changement, une sorte de fuite en avant, dont le but final, est une manœuvre d’anticipation visant à avorter les véritables projets de changement qui pointent à l’horizon. 

A ce stade là, le pouvoir fait en général usage de coup d’Etat préventif, sous différents euphémismes dont il détient les bonnes recettes, dénaturant la réalité du mal, le confinant à un problème de personne, dont le changement, par une énième figure, restituée du grenier des apparatchiks, serait capable de résoudre le problème. Cette réalité a été « éloquemment » relevée par l’un des chefs de gouvernements, un apparatchiks de service, désignés après le putsch, en l’occurrence Belaid Abdesslam, qui dans ses mémoires intitulés « Chef du gouvernement : 8 juillet 1992 – 19 août 1993 » déclare, après son éviction cela s’entend, que : « On a éliminé un Président pour faire croire à notre peuple qu’on avait compris son message à travers ses votes et qu’on allait effectuer les changements qu’il souhaitait, en vue de redresser les torts qui avaient engendré sa révolte. En fait, on n’a enlevé le Président en place que pour mieux poursuivre sa politique. Autrement dit, on a fait du Président Chadli Bendjedid une simple victime expiatoire dans le but d’exorciser le mécontentement engendré par sa politique… ».

Le pouvoir recourt aussi à la confection d’une panoplie de nouvelles constitutions, qui même façonnées à la mesure du nouveau intronisé, se retrouvent bafouées en premier lieu et encore par ce même monarque de la république.

Le constat de la situation du pays est unanime : l’Algérie s’enfonce, un peu plus chaque jour. Les chances de son salut deviennent de moins en moins évidentes, et comment ne le seraient-elles pas, quand on réalise le degré de putréfaction pluridimensionnelle qui ronge le pays. Il n’est pas nécessaire d’être expert pour prendre acte du mal qui mine les différents secteurs de ce marasme, mais on se contentera pour l’instant, de mettre le doigt sur la situation économique, l’une des conséquences de cette faillite totale dans la gestion du système, qui à elle seule aurait justifié sous d’autres cieux non pas le limogeage des responsables de ce forfait, mais leur traduction devant des tribunaux pour crime contre la nation et dilapidation des biens de l’Etat.

Si l’évaluation de la faillite de ce secteur est plus aisée, c’est parce qu’elle est plus qu’éloquente, se prêtant plus facilement aux standards quantitatifs. Les indicateurs macroéconomiques sont plus que révélateurs. Et pour cause, les hydrocarbures, cette richesse inestimable, un don du ciel, après un demi-siècle d’indépendance, constitue encore plus de 95% de nos exportations. Près d’un demi-siècle de gestion, sous le drapeau d’une Algérie indépendante, on reste encore tributaire dans 95% de nos besoins, des richesses extraites de nos sous sol. N’est-il pas légitime de nous demander alors, que produit-on, en dehors du pétrole et du gaz, sous le règne de présidents providences, durant prés de 50 ans ? Sommes-nous en droit de prétendre être une nation indépendante souveraine et avant-gardiste? D’un autre côté, l’Algérie, pour cette même période dépend encore, et pour la majeure partie de ses besoins alimentaires et d’autres biens de consommation et de première nécessité, des produits d’importation, après avoir bradé les quelques secteurs encore productifs, agricole et textiles particulièrement. De quel développement ose-t-on parler !

Partant de ce constat, non seulement économique, mais généralisé à tous les niveaux de gestion, tout le monde s’accorde à la conclusion de la nécessité du changement. La divergence ne se situe pas sur le plan du diagnostique de déliquescence de l’Etat, et de sa gestion désastreuse, ni sur sa gravité ; le point de vue diffère par contre sur la manière à suivre pour opérer ce changement.

A ce niveau se dégagent deux grandes tendances, subdivisées elles-mêmes en variantes selon l’approche des uns et des autres. C’est-à-dire entre ceux qui croient que le changement est possible de l’intérieur des rouages mêmes de ce système, et en collaboration avec ce système, quitte à afficher un profil bas et accepter ses règles. Et ceux qui sont arrivés à la ferme conviction, que le changement ne peut s’opérer de l’intérieur d’un pareil système, et ce, à la lumière d’un demi-siècle de gestion de ce système et des multitudes tentatives de changements de l’intérieur, toutes vouées à l’échec. Les adeptes de la deuxième approche sont loin d’être des chantres de l’exclusion, mais leur conviction d’opérer en dehors et sans ce système, se trouve justifiée, et renforcée, d’une part , par le constat du péril grandissant, à une échelle alarmante, dans lequel se trouve le pays, conséquence de la gestion de ce système, et d’autre part de la dérive de compromission dont se sont rendus coupables les adeptes de l’approche intra système, qui tout en donnant une légitimité à ce système se rendent complices de la pérennisation de la crise et de la déliquescence du pays.

Fallait-il donc attendre près d’un demi-siècle pour réaliser qu’un pouvoir issu de la violence, dont les fondements essentiels reposent sur la violence et sur l’accaparement des outils de cette violence pour se maintenir et briser tout mouvement de contestation ou velléité de changement, fallait-il attendre autant pour réaliser que le changement ne peut s’opérer de l’intérieur de pareil système ? De même, il n’était nullement nécessaire d’être « branché » pour savoir que ce pouvoir était capable des pires pogroms et autres carnages pour briser pareils desseins. Ne l’a-t-il pas d’ailleurs prouvé, en 1965, 1988, 1991, 1992 et jusqu’à ce jour ? Une vérité aussi banale qu’implacable, exprimée platement par l’un des hauts responsables de ce même système, l’ancien secrétaire général du Parti unique, feu Messadia, qui lors d’une rencontre avec un groupe d’étudiants, leur signifia d’une manière on ne peut plus claire, que s’ils voulaient le pouvoir, il devraient, selon lui, l’obtenir au bout du fusil, « Fouché » selon ses propres termes », tout comme ils l’ont eux-mêmes arraché des griffes du colonisateur, selon ses dires. N’est ce pas très révélateur de la nature de ce pouvoir et de la nature du seul changement auquel il croit ?

L’occasion de revenir sur ce sujet, en l’occurrence, des modalités de changement du pouvoir et de la gouvernance, nous est imposée une fois encore par la reconduction du président-roi, pour un troisième et énième mandat au Palais d’El Mouradia, reconduction contre laquelle sont venus se briser tous les espoirs crédules, et où toutes les illusions ont fondu comme neige au soleil.

Apres la fête et les fanfares, les portraits géants, d’un culte d’une autre époque, les rideaux sont tombés, et nous voici devant un constat pathognomonique, révélateur de la nature inhérente de ce pouvoir. Cette nature s’est étalée au grand jour, malgré la manipulation dont use ce pouvoir et abuse, de la panoplie d’élections simulacres, qui sont sensées représenter les outils du changement et de l’alternance, élément intégral à la notion même de la démocratie et de la bonne gouvernance.

Malgré tous ces subterfuges, se dévoile jour après jour ce visage hideux et sanguinaire. Car comment est-il seulement possible, de concevoir, ne serait-ce qu’un instant, qu’un pouvoir qui fait de la violence son fer de lance, puisse accepter le principe même de l’alternance pacifique, qui signifierait, purement et simplement, la fin de son hégémonie, et de sa raison d’être !

Malgré tout cela, certains y ont quand-même cru, ou bien voulaient-ils bien y croire. Bon nombre, pour des raisons inavouées, voyaient la possibilité de changer ce pouvoir progressivement, en œuvrant de l’intérieur même de ce système, et en acceptant « l’ordre établi » par ce système et ses règles du « Jeu ». Chacune de ces forces, adeptes du changement de l’intérieur, armée de sa perception des choses et de sa philosophie, menant sa bataille pour convaincre, qui le voudrait bien, du bien-fondé de son approche.

Pour plus de clarté, on essayera, plus loin dans cet essai, de passer en revue quelques unes de ces approches, sans s’attarder sur les motifs des uns et des autres ni sur leurs intentions, de même qu’il faut souligner de prime abord, que cette « immixtion » participative qui prône l’intra changement, s’est faites à différents degrés et selon différentes manières, avec pour même finalité : essayer de changer l’ordre établi.

Seulement, alors que les adeptes de l’intra changement croyaient en leur pouvoir d’influencer ce système et « lui imposer » la nécessité de lâcher du lest, et d’accepter un partage, c’est ce système qui en réalité s’est « servi » de ces comparses, exploitant la naïveté des uns et la cupidité des autres, prouvant ainsi sa capacité, en faisant la preuve à plusieurs reprises, de faire mue complète, sous la contrainte des aléas du temps, se tapant des looks mis à jour, en diapason avec les exigences de l’époque, à même de lui permettre de pérenniser son pouvoir sous différentes couleurs et discours, mais sans changer d’un iota, sa constante immuable, maintenir la réalité du pouvoir entre ses mains, dans un fouillis de vitrines « politiques bigarrés » au fil des années, au rythmes de coalitions bâtardes et de cooptation des courants des plus insolites et surréalistes pour la plupart, présents dans les harems de ce système et sans présence aucune sur le terrain.

Des compositions des plus incongrues, le plus souvent en contradiction avec les racines mêmes du peuple, et parfois avec les choix et orientations « affichées » du système même, sans que ce dernier n’éprouve ou n’exprime le moindre état d’âme ou ne fasse le moindre mea culpa sur ses cooptations contradictoires précédentes, pour dire que la seule constante, est et restera l’accaparation de la réalité du pouvoir, sous n’importe quel obédience, quelque soit le nom ou autre fronton.

Rachid Ziani
Signataire de l’APPEL du 19 mars 2009
28 juin 2009

Appel a la revolution Algerienne… pouvoir au peuple!!

Filed under: Uncategorized — verdadz @ 12:49

Salut a tous !
Bien que ce qui suit n’a pas grand chose a voire avec l’univers Geek, je pense qu’il est de mon devoir de faire passer l’info, et je compte sur vous pour la faire passer a nouveau.
des universitaires, journalistes et médecins ont lancé un “appel au peuple algérien”, “pour un changement démocratique en Algérie”. Voici leur texte :

( une video de « hchicha, qui lit le texte .. pourceux qui n’aime pas lire ! :p ) 

Nous, Algériennes et Algériens, signataires du présent appel, avons décidé de prendre nos responsabilités devant notre Nation et devant l’Histoire, pour en appeler à la mobilisation permanente du peuple algérien contre le pouvoir politique illégitime en place et d’œuvrer à l’instauration d’un Etat de Droit tel que défini par la déclaration historique du premier novembre 1954.

Le pouvoir actuel que nous considérons aujourd’hui plus que jamais auparavant, comme étant institutionnellement illégitime, politiquement incompétent et moralement discrédité.

Un pouvoir qui a spolié le peuple de sa légitime souveraineté et qui a détourné à son profit exclusif les richesses de la Nation.

Un pouvoir quasi régalien qui fonctionne essentiellement sur l’arbitraire, le clientélisme, le laxisme et la corruption. Il a profondément affaibli l’autorité de l’Etat dans son rôle sur l’échiquier international et il constitue une réelle menace pour notre unité et intégrité nationales.

Nous situons le présent appel, dans la continuité du Mouvement National, des principes énoncés dans la Déclaration du 1er Novembre 1954 et de la plateforme de la Soummam.

Nous, Algériennes et Algériens, signataires de cet appel, exprimons haut et fort, notre profonde préoccupation devant la logique d’autodestruction et de détérioration continue, qui caractérise la situation sociopolitique, économique et morale de notre pays. Nous refusons désormais catégoriquement d’en être les complices actifs ou tacites. Nous décidons de mettre fin à notre inaction, à notre silence et à notre désengagement sous quelques formes qu’il soit (lâcheté, égoïsme, peur, …).

Cette initiative libre et indépendante, a été dictée par les données fondamentales et structurelles de notre situation commune qui se caractérise par:

• la persistance et l’aggravation de la crise de la légitimité du pouvoir depuis 1962 à ce jour, crise devenue une menace et un danger permanent pour notre nation.
• la persistance de l’oligarchie à exclure le peuple du débat et de la participation politique en violant son droit constitutionnel et naturel de choisir et de construire sa propre destinée.
• L’échec et la médiocrité du personnel politique officiel et l’avilissement de l’opposition factice.
• le manque de perspective claire et nette pour toute la nation,
• La culture du chaos et de la violence et son extension à toutes les couches sociales, le maintien de l’Etat d’urgence comme moyen de domination et d’asservissement du peuple algérien.

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Notre but est:

D’œuvrer à la concrétisation des objectifs du mouvement de libération nationale, à la reconquête du droit du peuple à la souveraineté et au changement radical et pacifique du système politique.

D’œuvrer à l’instauration d’institutions solides et responsables capables d’assurer le fonctionnement démocratique de la société, de garantir la transparence du gouvernement et, l’alternance de son pouvoir, enfin de créer un Etat dont les commandes resteront entre les seules mains du peuple souverain, sans que puisse intervenir les forces occultes dans le fonctionnement de ces institutions. Les principes régissant le fonctionnement de nos institutions seront fidèles à la Constitution et aux lois votées par le législateur en accord avec nos valeurs civilisationnelles, nos cultures et nos traditions séculaires. Nos institutions seront soucieuses de consolider, par leur sain fonctionnement, le lien entre le peuple et ses vraies valeurs.

L’heure est venue pour changer ce système politique illégitime par les méthodes pacifiques et démocratiques et de rendre la souveraineté politique aux Algériennes et aux Algériens pour qu’ils choisissent librement et démocratiquement, les institutions politiques qui épousent les réalités politiques et socioculturelles de la Nation, en permettant une répartition équitable des richesses nationales, aussi bien entre les collectivités régionales et locales qu’entre les individus.

Cet appel est ouvert à l’adhésion morale et active de tous nos compatriotes qui partagent le même attachement à la patrie et aux valeurs morales et culturelles de la société algérienne dans toute sa diversité, y compris ceux qui se trouvent, de par leurs fonctions ou leurs positions dans les institutions officielles actuelles. Il est une exhortation à tous ceux qui refusent la marginalisation et l’exclusion de l’Algérienne et de l’Algérien de la vie publique. Enfin, c’est un appel à tous ceux, qui conscients de la déliquescence de la société et de la fatuité des institutions, veulent fédérer leurs efforts pour un changement décisif et salvateur de la situation de la Nation Algérienne.

Cet appel se veut enfin et surtout comme une force de propositions et d’action pour une transition pacifique vers un Etat de Droit.

Nous, Algériennes et Algériens libres, aspirons acquérir à notre idéal de résistance pacifique et de dynamique de changement, les couches les plus larges du Peuple Algérien, sans exclusion aucune.

Nous devons œuvrer au rassemblement de toutes les forces patriotiques en vue d’un changement pacifique et radical sur la base de valeurs et de principes démocratiques clairement définis, acceptés et respectés par tous et notamment:

• Les valeurs civilisationnelles de la Nation Algérienne (Islamité, Amazighité et Arabité), fondements de notre ALGERIANITE. Ces derniers sont le socle de notre unité nationale, qui ne doivent nullement être instrumentalisés ni être le monopole d’aucun parti ou tendance politique.
• L’égalité de tous devant la loi.
• La sacralité des droits de la personne humaine.
• La souveraineté populaire : le peuple étant la seule source du pouvoir et de légitimité.
• La mise en place d’institutions qui garantissent l’expression de la volonté populaire, notamment par la séparation effective des pouvoirs exécutif, législatif et judiciaire.
• Le respect et la protection des libertés individuelles et collectives.
• L’alternance au pouvoir à travers le suffrage universel.
• Le respect et la promotion des cultures nationales.
• La promotion du mérite et de la compétence individuelle véritable.
• Une distribution juste et équitable des ressources nationales.

Nos moyens de lutte contre ce pouvoir illégitime seront exclusivement politiques, pacifiques et démocratiques :

1. Par la réappropriation de nos droits inaliénables, individuels et collectifs que l’ensemble des générations qui se sont succédé depuis l’indépendance ont abandonnés pour la construction de la société nationale et d’un nouvel Etat authentiquement indépendant. Ces droits qui font partie intégrante de nos pouvoirs naturels et dont nous avons été amputés par le fait de notre ignorance, de notre lâcheté, de notre impréparation et manque d’éducation politique mais également parce que nous n’avions pas été conscients du drame qui se tramait et que nous ne possédions pas alors les moyens de résister.

2. Par la sensibilisation et la mobilisation aussi large que possible de l’opinion publique nationale et internationale sur les responsabilités des pouvoirs en place en matière d’atteintes caractérisées aux Droits de l’Homme et aux Libertés Publiques ainsi que sur tous les cas d’arbitraire, d’abus de pouvoir et de forfaitures administratives et judiciaires et par la résistance contre toutes ses dérives totalitaires.

3. Par la dénonciation d’une certaine et flagrante duplicité de l’opinion occidentale, qui refuse de faire la part entre ses intérêts à court terme et à long terme, qui proclame des valeurs universelles tout en privilégiant des intérêts étroits en soutenant des régimes illégitimes.

4. Par la diffusion continue par tous les moyens de communication, de nos idées, de nos propositions et de nos revendications pour l’avènement de la Dignité et du changement dans notre pays.

5. Par le recours à des manifestations pacifiques, à la désobéissance civile et à l’abstention massive aux élections, entre autres.

Il est donc clair que notre démarche a pour but de mettre fin à près d’un demi-siècle d’usurpation permanente de la souveraineté populaire et de rendre la dignité et la parole au Peuple Algérien, afin qu’il puisse choisir librement et démocratiquement les institutions politiques conformes à ses aspirations de liberté, de démocratie et de justice, en harmonie avec les valeurs identitaires et socioculturelles de notre Algérianité, dont l’Islam, l’amazighité et l’arabité constituent les fondements essentiels. C’est ainsi que le peuple pourra asseoir un véritable Etat de droit.

Propositions de sortie de crise

Le consensus actuel des véritables forces politiques converge vers l’élection d’une Assemblée Nationale Constituante.

Cette évolution pacifique vers la légitimité doit passer par une brève période de transition qui ne devrait pas excéder deux années. Nous sommes convaincus que cette phase ne pourrait se faire sans la participation active de l’institution militaire.

Avec la collaboration républicaine de l’institution militaire, principale force actuellement organisée, qui aura pour mission d’assurer la gestion sécuritaire du pays, pendant la phase de transition, un gouvernement provisoire sera mis en place et aura pour mission, en plus de la gestion publique de l’Etat, de s’acquitter de deux tâches essentielles :

1. Réunir une conférence nationale de toutes les volontés politiques sans exclusion aucune et de personnalités intellectuelles en vue de l’établissement d’un consensus politique historique autour des valeurs et principes démocratiques énoncés plus haut.

2. Préparation des élections de l’Assemblée Nationale Constituante.

Ce gouvernement provisoire sera secondé par un Conseil des Sages constitué de personnalités issues du mouvement National, connues pour leur probité, leur intégrité, leur sagesse et leur engagement pour le salut de leur pays.

Durant cette phase, l’armée saura imposer sa mission de préservation de la quiétude publique et de l’unité nationale. Elle éprouvera, en cette occasion, sa vocation républicaine de se maintenir hors de la gestion politique du pays, et préservera sa neutralité politique jusqu’à l’échéance finale qu’est la mise en place d’institutions démocratiquement élues.

Au terme de cette phase transitoire et conformément à un protocole conclu entre l’institution militaire et les instances élues, l’armée entamera son désengagement progressif des affaires politiques, pour s’orienter définitivement vers ses obligations, exclusivement militaires, clairement définies par la nouvelle Constitution.

Nous Algériennes et Algériens, interpellés par la gravité de la situation et inquiets quant à l’avenir de la Nation, devons cesser d’assister dans l’impuissance à la dévastation de notre propre pays. Nous devons nous engager en acteurs de notre propre Histoire et nous imposer en maîtres de notre destin. L’Algérie appartient à toutes les Algériennes et à tous les Algériens sans exclusion ni exclusive.

Nous en appelons à la conscience, au cœur et à la raison de toutes et de tous, Algériennes et Algériens, intellectuels et politiques, civils et militaires, pour s’unir et œuvrer ensemble, sans exclusion aucune et dans la sérénité à la véritable réconciliation et à la résolution définitive de la grave crise politique qui ébranle notre pays.

Nous ne saurions tourner cette sombre page de notre Histoire contemporaine, sans rien oublier de ce qui a été fomenté contre la nation. Œuvrons tous ensemble à la reconstruction de notre pays et à l’édification d’une société d’ouverture et de tolérance, libérée du joug de l’injustice, de la violence et de la terreur politique.

Soyons un peuple de bâtisseurs hardis qui hissera l’Algérie dans l’ère du 21ème siècle, pour la faire accéder à un futur radieux, serein et prospère.

Tous ensemble, œuvrons à l’instauration d’un Etat Algérien souverain, démocratique et social, dans le cadre de nos principes, des valeurs intrinsèques à notre identité et des valeurs universellement admises.

Ainsi nous aurons été fidèles à la mémoire des hommes libres de novembre 54 et au texte fondateur de la révolution libératrice.

Dieu et le peuple algérien sont témoins de nos paroles et de nos actes.
Algérie le 19 mars 2009

juillet 1, 2009

Quand le sérieux s’installe, la vérité fait mal.

Filed under: Uncategorized — verdadz @ 8:10

C’est vrais que on est petits mais disons que la vérité sort de la bouche des enfants,
nous sommes presque tout comme les …. seulement ils font ce qu’ils veulent à l’algérie
nous faisons tout ce que nous voulons à le DZNET
et ne dites pas que nous sommes pas des algériens parceque même si nous sommes pas des algériens
notre seul rêve c’est de l’être et nous sommes fiers. . .

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