Verdad'Z Blog

juillet 3, 2009

Que reste-t-il des illusions candides et des espoirs des faux « optimistes » ?

Filed under: Uncategorized — verdadz @ 2:09

a38-six-candidats-election-presidentielle-algerie

Par Rachid Ziani 

1ere partie : Une seule constante, un seul objectif, j’y suis, j’y reste : autopsie du maintien au pouvoir.

S’il y a une constante, qui, par définition même, fait l’unanimité parmi les diverses composantes et tendances du peuple, c’est que la situation en Algérie est au plus mal, une crise multidimensionnelle que tout le monde décrie, secret de polichinelle me dira-t-on. Là n’est pas la question. S’agit-il d’une situation récente ? Loin s’en faut. Le marasme est aussi vieux que l’est le système en place depuis le recouvrement formel de l’indépendance du pays, une indépendance qui déjà tronquée de la souveraineté effective, s’est vue à ses toutes premières heures confisquée par les maquisards de la 13ème heure.

En fait cette déliquescence qui ronge la pays n’est rien d’autre que la conséquence logique d’une obstination démentielle d’un système décidé à ne pas lâcher prise quoi qu’il en coûte, soit en usant de son savoir-faire primaire, et préférentiel , en l’occurrence la répression pour mater tout mouvement ou ébauche de mouvement de contestation, qu’il soit de revendication sociale, économique, culturelle ou politique, ou alors, se sentant sous la menace et la pression de l’ère du temps et des demandes pressantes de « démocratie », opère à chaque brise de contestation, un semblant de changement, une sorte de fuite en avant, dont le but final, est une manœuvre d’anticipation visant à avorter les véritables projets de changement qui pointent à l’horizon. 

A ce stade là, le pouvoir fait en général usage de coup d’Etat préventif, sous différents euphémismes dont il détient les bonnes recettes, dénaturant la réalité du mal, le confinant à un problème de personne, dont le changement, par une énième figure, restituée du grenier des apparatchiks, serait capable de résoudre le problème. Cette réalité a été « éloquemment » relevée par l’un des chefs de gouvernements, un apparatchiks de service, désignés après le putsch, en l’occurrence Belaid Abdesslam, qui dans ses mémoires intitulés « Chef du gouvernement : 8 juillet 1992 – 19 août 1993 » déclare, après son éviction cela s’entend, que : « On a éliminé un Président pour faire croire à notre peuple qu’on avait compris son message à travers ses votes et qu’on allait effectuer les changements qu’il souhaitait, en vue de redresser les torts qui avaient engendré sa révolte. En fait, on n’a enlevé le Président en place que pour mieux poursuivre sa politique. Autrement dit, on a fait du Président Chadli Bendjedid une simple victime expiatoire dans le but d’exorciser le mécontentement engendré par sa politique… ».

Le pouvoir recourt aussi à la confection d’une panoplie de nouvelles constitutions, qui même façonnées à la mesure du nouveau intronisé, se retrouvent bafouées en premier lieu et encore par ce même monarque de la république.

Le constat de la situation du pays est unanime : l’Algérie s’enfonce, un peu plus chaque jour. Les chances de son salut deviennent de moins en moins évidentes, et comment ne le seraient-elles pas, quand on réalise le degré de putréfaction pluridimensionnelle qui ronge le pays. Il n’est pas nécessaire d’être expert pour prendre acte du mal qui mine les différents secteurs de ce marasme, mais on se contentera pour l’instant, de mettre le doigt sur la situation économique, l’une des conséquences de cette faillite totale dans la gestion du système, qui à elle seule aurait justifié sous d’autres cieux non pas le limogeage des responsables de ce forfait, mais leur traduction devant des tribunaux pour crime contre la nation et dilapidation des biens de l’Etat.

Si l’évaluation de la faillite de ce secteur est plus aisée, c’est parce qu’elle est plus qu’éloquente, se prêtant plus facilement aux standards quantitatifs. Les indicateurs macroéconomiques sont plus que révélateurs. Et pour cause, les hydrocarbures, cette richesse inestimable, un don du ciel, après un demi-siècle d’indépendance, constitue encore plus de 95% de nos exportations. Près d’un demi-siècle de gestion, sous le drapeau d’une Algérie indépendante, on reste encore tributaire dans 95% de nos besoins, des richesses extraites de nos sous sol. N’est-il pas légitime de nous demander alors, que produit-on, en dehors du pétrole et du gaz, sous le règne de présidents providences, durant prés de 50 ans ? Sommes-nous en droit de prétendre être une nation indépendante souveraine et avant-gardiste? D’un autre côté, l’Algérie, pour cette même période dépend encore, et pour la majeure partie de ses besoins alimentaires et d’autres biens de consommation et de première nécessité, des produits d’importation, après avoir bradé les quelques secteurs encore productifs, agricole et textiles particulièrement. De quel développement ose-t-on parler !

Partant de ce constat, non seulement économique, mais généralisé à tous les niveaux de gestion, tout le monde s’accorde à la conclusion de la nécessité du changement. La divergence ne se situe pas sur le plan du diagnostique de déliquescence de l’Etat, et de sa gestion désastreuse, ni sur sa gravité ; le point de vue diffère par contre sur la manière à suivre pour opérer ce changement.

A ce niveau se dégagent deux grandes tendances, subdivisées elles-mêmes en variantes selon l’approche des uns et des autres. C’est-à-dire entre ceux qui croient que le changement est possible de l’intérieur des rouages mêmes de ce système, et en collaboration avec ce système, quitte à afficher un profil bas et accepter ses règles. Et ceux qui sont arrivés à la ferme conviction, que le changement ne peut s’opérer de l’intérieur d’un pareil système, et ce, à la lumière d’un demi-siècle de gestion de ce système et des multitudes tentatives de changements de l’intérieur, toutes vouées à l’échec. Les adeptes de la deuxième approche sont loin d’être des chantres de l’exclusion, mais leur conviction d’opérer en dehors et sans ce système, se trouve justifiée, et renforcée, d’une part , par le constat du péril grandissant, à une échelle alarmante, dans lequel se trouve le pays, conséquence de la gestion de ce système, et d’autre part de la dérive de compromission dont se sont rendus coupables les adeptes de l’approche intra système, qui tout en donnant une légitimité à ce système se rendent complices de la pérennisation de la crise et de la déliquescence du pays.

Fallait-il donc attendre près d’un demi-siècle pour réaliser qu’un pouvoir issu de la violence, dont les fondements essentiels reposent sur la violence et sur l’accaparement des outils de cette violence pour se maintenir et briser tout mouvement de contestation ou velléité de changement, fallait-il attendre autant pour réaliser que le changement ne peut s’opérer de l’intérieur de pareil système ? De même, il n’était nullement nécessaire d’être « branché » pour savoir que ce pouvoir était capable des pires pogroms et autres carnages pour briser pareils desseins. Ne l’a-t-il pas d’ailleurs prouvé, en 1965, 1988, 1991, 1992 et jusqu’à ce jour ? Une vérité aussi banale qu’implacable, exprimée platement par l’un des hauts responsables de ce même système, l’ancien secrétaire général du Parti unique, feu Messadia, qui lors d’une rencontre avec un groupe d’étudiants, leur signifia d’une manière on ne peut plus claire, que s’ils voulaient le pouvoir, il devraient, selon lui, l’obtenir au bout du fusil, « Fouché » selon ses propres termes », tout comme ils l’ont eux-mêmes arraché des griffes du colonisateur, selon ses dires. N’est ce pas très révélateur de la nature de ce pouvoir et de la nature du seul changement auquel il croit ?

L’occasion de revenir sur ce sujet, en l’occurrence, des modalités de changement du pouvoir et de la gouvernance, nous est imposée une fois encore par la reconduction du président-roi, pour un troisième et énième mandat au Palais d’El Mouradia, reconduction contre laquelle sont venus se briser tous les espoirs crédules, et où toutes les illusions ont fondu comme neige au soleil.

Apres la fête et les fanfares, les portraits géants, d’un culte d’une autre époque, les rideaux sont tombés, et nous voici devant un constat pathognomonique, révélateur de la nature inhérente de ce pouvoir. Cette nature s’est étalée au grand jour, malgré la manipulation dont use ce pouvoir et abuse, de la panoplie d’élections simulacres, qui sont sensées représenter les outils du changement et de l’alternance, élément intégral à la notion même de la démocratie et de la bonne gouvernance.

Malgré tous ces subterfuges, se dévoile jour après jour ce visage hideux et sanguinaire. Car comment est-il seulement possible, de concevoir, ne serait-ce qu’un instant, qu’un pouvoir qui fait de la violence son fer de lance, puisse accepter le principe même de l’alternance pacifique, qui signifierait, purement et simplement, la fin de son hégémonie, et de sa raison d’être !

Malgré tout cela, certains y ont quand-même cru, ou bien voulaient-ils bien y croire. Bon nombre, pour des raisons inavouées, voyaient la possibilité de changer ce pouvoir progressivement, en œuvrant de l’intérieur même de ce système, et en acceptant « l’ordre établi » par ce système et ses règles du « Jeu ». Chacune de ces forces, adeptes du changement de l’intérieur, armée de sa perception des choses et de sa philosophie, menant sa bataille pour convaincre, qui le voudrait bien, du bien-fondé de son approche.

Pour plus de clarté, on essayera, plus loin dans cet essai, de passer en revue quelques unes de ces approches, sans s’attarder sur les motifs des uns et des autres ni sur leurs intentions, de même qu’il faut souligner de prime abord, que cette « immixtion » participative qui prône l’intra changement, s’est faites à différents degrés et selon différentes manières, avec pour même finalité : essayer de changer l’ordre établi.

Seulement, alors que les adeptes de l’intra changement croyaient en leur pouvoir d’influencer ce système et « lui imposer » la nécessité de lâcher du lest, et d’accepter un partage, c’est ce système qui en réalité s’est « servi » de ces comparses, exploitant la naïveté des uns et la cupidité des autres, prouvant ainsi sa capacité, en faisant la preuve à plusieurs reprises, de faire mue complète, sous la contrainte des aléas du temps, se tapant des looks mis à jour, en diapason avec les exigences de l’époque, à même de lui permettre de pérenniser son pouvoir sous différentes couleurs et discours, mais sans changer d’un iota, sa constante immuable, maintenir la réalité du pouvoir entre ses mains, dans un fouillis de vitrines « politiques bigarrés » au fil des années, au rythmes de coalitions bâtardes et de cooptation des courants des plus insolites et surréalistes pour la plupart, présents dans les harems de ce système et sans présence aucune sur le terrain.

Des compositions des plus incongrues, le plus souvent en contradiction avec les racines mêmes du peuple, et parfois avec les choix et orientations « affichées » du système même, sans que ce dernier n’éprouve ou n’exprime le moindre état d’âme ou ne fasse le moindre mea culpa sur ses cooptations contradictoires précédentes, pour dire que la seule constante, est et restera l’accaparation de la réalité du pouvoir, sous n’importe quel obédience, quelque soit le nom ou autre fronton.

Rachid Ziani
Signataire de l’APPEL du 19 mars 2009
28 juin 2009

Publicités

Laisser un commentaire »

Aucun commentaire pour l’instant.

RSS feed for comments on this post. TrackBack URI

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

Créez un site Web ou un blog gratuitement sur WordPress.com.

%d blogueurs aiment cette page :